Metal Gear Solid 3
Test par joffrey

"METAL GEAR SOLID" , trois mots qui font frémir d'impatience ceux qui ont osé un jour poser les yeux sur ce monument ludique. Hideo Kojima (ou "Dieu"), le génial créateur de la série nous revient avec Metal Gear Solid 3 : Snake Eater, une révolution dans l'histoire du jeu vidéo. Pour ceux qui sont lassés ou qui ont été déçu par MGS2, Kojima ne s'est pas contenté de sortir un jeu réchauffé, il a totalement revu sa copie à tous les points de vue, c'est de l'inédit à 100%... Un chef-d'oeuvre !

L'histoire SANS Spoilers :

L'action de MGS3 prend place dans les années 1960, soit avant les deux premiers opus de la Playstation, à l'époque de la guerre froide entre les USA et l'URSS. On retrouve donc "Snake", un agent de la CIA envoyé pour récupérer Sokolov en territoire ennemi, un scientifique russe spécialisé dans l'armement qui autrefois avait servi de monnaie d'échange par les USA. C'est donc par cette mission du nom de code de "Virtuous Mission" que l'on commence le jeu.

Pour effectuer cette mission Snake bénéficiera de différents conseils des protagonistes via le "codec" comme le Major Zero (ou "Major Tom"), une technicienne qui n'est pas sans rappeler "Mei Ling" et même The Boss, l'ancien mentor de Snake. C'est d'elle que Snake tient tout son savoir en matière de combat rapproché, le "CQC". La mission peut enfin commencer mais les choses tournent mal, Snake va être confronté à un nouvel ennemi devant lequel il sera impuissant. Snake va devoir combattre cet ennemi ainsi qu'arrêter la menace que représente le Shagohod (tout premier Metal Gear) afin d'éviter une 3eme guerre mondiale.

Autant vous dire tout de suite que vous allez très vite oublier MGS2 et l'épisode du Tanker une fois la manette en main : c'est magnifique, somptueux, passionnant, c'est la claque vidéo ludique... installez-vous confortablement dans votre fauteuil et remettez-vous de vos émotions car le jeu ne fait que commencer...

Kojima nous livre une débauche de nouveaux personnages tous aussi charismatiques les uns que les autres à découvrir au fil de l'aventure.

Pour connaitre l'histoire complète et son explication (ATTENTION Spoilers !), rendez-vous ici.

Le gameplay (nourriture, camouflage, affrontements, soins) :

- Comment se nourrir ?

C'est une des originalités du jeu qui changent l'orientation de gameplay de la série. Tout d'abord la santé de Snake sera représenté par deux jauges. La première barre est la vie "life" elle tombe a zéro lorsque Snake meurt. La deuxième est la barre de "stamina", elle représente la jauge d'endurance de Snake. L'action se déroule en pleine jungle, pas question de récupérer des rations toutes prêtes derrière les arbres, vous devrez chasser toutes sortes d'animaux pour vous nourrir. Du volatile au serpent, en passant par le crocodile, on retrouve les principaux animaux constituant la faune et la flore de la jungle. Vous pourrez capturer les animaux vivants (grâce à des petites cages de détention, il suffit de les endormir) ou bien les tuer si vous n'avez pas d'autre but que de les consommer. Le réalisme ne s'arrête pas là, il faudra varier votre alimentation pour pas que Snake ne tombe malade s'il mange trop de serpent par exemple ! Il faudra aussi penser à ne pas garder un aliment trop longtemps dans votre inventaire sous peine qu'il ne soit plus comestible.
Mais attention ! Il s'agit ici de faire remonter la barre de Stamina et non la vrai barre de vie. Ce qui signifie que si la barre de Stamina est pleine mais que votre barre de vie est vide vous mourrez. De plus, manger ne fait pas remonter la barre de vie, qui remonte seule avec le temps ou par injection d'un sérum.

- Le système de camouflage :

Le radar soliton tel qu'on le connaît dans les autres MGS sera absent du jeu. Ce manque sera justifié par la présence d'un nouvel élément du gameplay : le camouflage.

En effet, vous disposerez d'un pourcentage de visibilité. Plus le chiffre est élevé, moins vous serez visible. Pour cela, ce sera à vous de choisir votre combinaison pour mieux vous fondre dans l'environnement. Dans cette optique il y a également la possibilité de maquiller son visage via l'option "Face Paint". Ce facteur jouera également dans la balance de votre pourcentage de visibilité.

- Le "CQC" :

Autre nouveauté, le CQC "Close Quarters Combats" est un système de combat inspiré du judo développé par Snake et The Boss durant la seconde guerre mondiale. Ce système est difficile à maîtriser la première partie, mais il est plus efficace que les coups de poing et coup de pied de base qu'on utilise par simple pression du bouton O, c'est pourquoi il faudra un temps d'adaptation pour apprivoiser toutes les commandes du jeu. Le CQC permet de prendre le dessus sur un ennemi sans avoir besoin de gaspiller des munitions. Snake pourra par exemple mettre un garde à terre en lui mettant la tête la première dans le sol, surprendre un garde par derrière, l'égorger, le faire parler ou en profiter pour s'en servir de bouclier humain avec une classe sans précédent.

- L'armement :

Au-delà de la possibilité d'affronter sans gun, vous aurez à disposition un véritable arsenal digne de Rambo, qui s'étoffera au fil de l'aventure. Outre les "camos" (camouflages) des boss, il y aura trois types de mitraillettes (dont l'ak47), deux types de pistolet, un balle réelles et l'autre tranquillisant, deux types de sniper (même principes que pour les guns), un lance missile, couteau, grenades (à défragmentation, chaff ou stun), bombe a gaz endormant, tapette à rat (original pour capturer de la nourriture), trois types de jumelles (zoom, vision nocturne et vision infrarouge). C'est par cela qu'en aperçu, votre arsenal ressemblera. Avec le temps vous apprécierez beaucoup plus le nombre de possibilités qui vous sont offertes.

- Se soigner, "The Cure" :

Outre la possibilité de gérer son alimentation, il vous faudra vous soigner ! Pour cela, un autre sytème similaire à celui de la nourriture, appelé "The Cure" vous permettra de vous guérir. Dans le menu, les blessures de Snake sont ciblées par un cercle faisant figure de radiographie. Les détails des dégats est expliqué sur chaque partie endommagé. Ainsi il vous sera indiqué si vous devez utiliser le bandage, le désinfectant, le couteau (pour retirer les balles ou autres objets métalliques enfoncés), le cigar (pour retirer les sangsues)... Etc Parfois il faudra lui administrer du Serum (piqûres d'araignée). A chaque mesures prises la liste des précautions à prendre diminuera jusqu'a ce que chaque cercles présentant les dégâts disparaissent. Il faudra alors nourrir Snake pour qu'il reprenne de la vigueur.

Voilà les cinq principaux points du gameplay de MGS3. Ceci n'est qu'un détail des possibilités offertes, sachant que l'intelligence artificielle d'MGS2 utilisait 30% des capacités de la playstation2, MGS3 surpasse encore... C'est énorme mais vous comprendrez mieux une fois le jeu entre vos mains.

La bande son :

La bande son est un élément caractéristique des Metal Gear Solid, tout simplement parce qu'aucun jeu dans toute l'histoire vidéoludique n'a su égaler Metal Gear en matière d'ambiance et de musique. C'est tout simplement du jamais vu. Le jeu offre du son en Dolby Prologic, lors des phases de jeu dans la jungle il vous sera tenté d'ouvrir votre fenêtre pour sentir l'air tellement l'ambiance est immersive.

A la composition, on retrouve Harry-Gregson Williams qui décidément n'a pas fini de nous étonner grâce à un thème principal prodigieux, et Norihiko Hibino le compositeur de l'équipe qui lui aussi se rattrape (depuis la b.o. de l'opus sur Gamecube) avec la chanson "Snake Eater", interprétée par Cynthia Farrel, très 'James Bond'.

L'écran titre vous laissera sans voix. Je suis resté en admiration deux bonnes minutes avant d'appuyer sur le bouton Start. Les phases d'infiltration ne contiennent pas de morceaux d'ambiances pour mieux se morfondre dans la jungle mais elles laissent place à de superbes musiques d'alerte lorsque vous vous faites repérer. Sur ce niveau là, pari réussi pour ce 3ème opus.

Les doublages sont excellents, mention spéciale pour la voix de Snake (David Hayter) pour une interprétation sans failles.

Durée de vie :

MGS3 est plus long que ses prédécesseurs. Comptez environ 20 heures pour en venir à bout une première fois. Ajoutez y le nombre de fois que vous devrez le recommencer pour obtenir les tous les camos ainsi que les autres bonus que l'on ne se lasse pas d'utiliser (l'arme "Patriot" et le camouflage optique !).

Il existe également plusieurs moyens de résoudre une situation, de s'infiltrer ou de tuer les boss, ce qui laisse une durée de vie très conséquente.

La Kojima's touch :

Ce n'est un secret pour personne, MGS3 est graphiquement l'un des plus beaux jeux qui existe toutes consoles confondues. Kojima reste handicapé par les limites de la PS2, le jeu comporte de l'aliasing et parfois quelques ralentissements. Mais malgré ces petits défauts, il a su dompter la machine pour en tirer la quintessence !

Fidèle à lui-même, Metal Gear Solid 3 : Snake Eater est raconté tel un film d'action hollywoodien, rythmé par des cinématiques hallucinantes. La réalisation est extraordinaire mais la mise en scène reste moins poussée que dans MGS2. Kojima réussi à passionner le joueur, vous ne jouez pas Snake, vous êtes Snake. Préparez-vous à ressentir toute une palette d'émotions qui ne vous laisseront pas indemne tout le long de l'aventure, c'est beau, violent, émouvant. Kojima nous prouve encore une fois qu'il est incontestablement un réalisateur hors du commun, mais le plus révoltant est qu'il n'est pas reconnu du milieu du 7ème art. Ici on est dans un jeux vidéo mais tout de même... A la fin de l'aventure on se dit "Spielberg ? C'est qui Spielberg ?" avec les larmes aux yeux tant l'émotion ici atteint son paroxysme.

Note : 19/20

En conclusion, MGS3 est un jeu que tous les possesseurs de PS2 se doivent d'acquérir. Un élément bien évidemment indispensable par le fan (qui s'empressera de le commander en import), tant Kojima nous livre ici le dernier témoignage de son génie. En ce mois de décembre 2004, le jeu est déjà disponible aux USA et au Japon. Les européens vont devoir revivre l'attente interminable qu'ils avaient subi pour MGS2... Plus que 3 mois.... Courage !

"Merci Kojima-San"

joffrey.S

Metal Gear Solid 3
Test par The_Pain

C'est en 1988 que sortit le premier jeu d'infiltration au monde : Mêlant action, aventure et réflexion à l un des scénarios les plus poussés du moment, Metal Gear était né. Cela se passait sur Nes, le jeu n'ayant jamais vu le jour en Europe, et s'était vu développé par Konami. Ce n'est par la suite, qu'en 1998 qu'une suite vit le jour sur PlayStation puis sur PC. Toujours issue du même développeur, cette dernière estampillée d'un « Solid » permit à la série une reconnaissance du grand public, ainsi que la mise à nu d'un scénario toujours plus accrocheur, pour un soft au gameplay novateur et inégalé. C'est après un excellent second opus de la même famille (sous-titré pour l'occasion « Sons of Liberty ») sorti il y a plus de trois ans, que nous accueillons aujourd'hui Metal Gear Solid 3 : Snake Eater sur PlayStation 2, dans un grand test pour un jeu qui n'en mérite pas moins. Sortez armes, munitions, couteau de survie et tenues de camouflage, pour sombrer dans les méandres sinueux d'un des softs les plus immersifs du moment.

Un bon scénario est un élément des plus importants à la bonne conduite d'un jeu vidéo, et ce ne sont pas ceux des Metal Gear Solid précédents qui nous auront déçus. Ici encore, le génialissime Hideo Kojima nous gratifie d'une trame scénaristique aux petits oignons, à savourer pleinement dans une ambiance militaro réaliste. En effet, le créateur phare de chez Konami ne se contente pas de nous concocter un scénario croustillant de rebondissements, et possédant une intrigue unique dont vous ne saurez entrevoir les rouages... Non, il va plus loin et intègre parfaitement son récit dans les failles de notre histoire. Ainsi donc, le joueur se voit effectuer un retour dans le passé afin de retrouver les années soixante (ce troisième opus peut alors être considéré comme un prologue à la série), en pleine Guerre Froide : Est/Ouest. Le 16 octobre 1962, le monde se voit plongé dans la terreur, suite à une annonce soviétique de déploiement d'armes nucléaire sur les terres de Cuba... Ces dernières seront toutefois retirées du sol cubain moins de quinze jours plus tard par l'Union soviétique, après de lourdes négociations avec le haut Parlement américain. Cet évènement, connu de nos jours comme « La crise de Cuba », laisse tout de même planer un sérieux mystère quant à la nature exacte du pacte passé entre les deux grandes puissances de l'époque. Aux commandes de notre pad, nous apprenons qu'une condition secrète avait alors été émise par les émissaires russes ; et consistait au renvoi dans sa terre natale de Nikolaï Stepanovich Sokolov, un scientifique soviétique passé à l'Ouest quelques années auparavant. Le gouvernement américain accéda à cette requête et renvoya Sokolov dans sa mère patrie, semblant oublier que ce dernier était, à l'origine, le designer d'un projet militaire de destructions massives pour l'URSS... Et ce n'est qu'en août 1964, réalisant sur le tard la gravité de la situation, que la CIA décide d'opérer une mission d'extraction de Sokolov vers les Etats-Unis. Menée par le major Zero, une toute nouvelle unité des forces spéciales nommée FOX couvre la mission. Le mode de fonctionnement de cette division d'élites est d'envoyer un agent en solo sur le terrain, possédant des informations rafraîchies via un support radio distant ; afin de supporter, seul, des objectifs en territoire ennemi. Le 24 octobre, un soldat est parachuté à l'aube, dans la périphérie des labos de recherches de Sokolov, situés au sud des installations soviétiques de Groznyj Grad. Le nom de code de cet homme est Naked Snake... L'histoire est lancée, essayez donc de la rattraper.

« Dans la jungle, terrible jungle... »

Vous voici donc plongé au coeur d'une jungle pseudo nord-équatoriale, incarnant le tout premier Snake, pilier de la mythique série. Livré à vous-même et aux caprices de la nature, les développeurs ont mis au point un gameplay novateur et original, permettant une immersion totale dans ce Metal Gear Solid 3 : Snake Eater. Parmi la liste des nouveautés, on découvre l'apparition d'une jauge de vigueur (située sous la barre de vie), indiquant votre énergie calorifique restante. Ainsi, si cette dernière descend au-dessous de ses 40 %, votre estomac se mettra à ronronner comme une bête, risquant de vous faire débusquer par l'ennemi à tout moment (par contre, si jamais la jauge atteint zéro, votre vitalité commencera à chuter). Afin d'éviter cette fringale, vous devrez donc partir à la recherche de nourriture pour vous rassasier, les restos se faisant plutôt rares dans la région. Il ne vous faudra que peu de temps avant de capturer vos premiers serpents, rats, scorpions, ou autres volatiles... Mais attention, ces derniers ainsi que d'autres denrées comme les champignons ou encore les fruits, ne sont pas tous comestibles, et n'auront pas forcément le même effet sur les papilles gustatives du warrior que vous incarnez. Comprenez par là que chaque aliment ne donnera pas le même effet : une tarentule risquant de vous empoisonner tout en étant très peu nourrissante, tandis qu'un bon fruit ou une ration militaire chocolatée, seront sans effets nocifs et combleront allégrement votre faim. Cependant, la possibilité que votre nourriture soit avariée existe bel et bien. Dans ce cas, même si cette dernière peut restaurer votre jauge, vous risquez une indigestion.

Et c'est ici qu'arrive la grande nouveauté, assimilable à une difficulté supplémentaire : finis les « packs de survie miracles » qui nous rendent toute notre vie, ou les bandages qui arrêtent les hémorragies en deux secondes top chrono... Ici, en grand « Rambo » que vous êtes, vous devrez vous soigner seul, en fonction du symptôme dont vous souffrez (coupures, fractures, indigestions, empoisonnement, somnolence... Tout y passe). De ce fait, une blessure par balle doit se traiter chirurgicalement comme s'en suit (via les menus spécifiques prévus à cet effet). Ablation de la balle avec le couteau de survie, désinfection de la plaie, application d'un cicatrisant, pour finir par la pose du bandage. Qu'il est loin notre Médikit d'antan ! Par ailleurs, l'interface proposant ces possibilités médicales est des plus réussies, et vous permettra même de décortiquer Snake dans un mode visuel à rayon X (aidant à situer les projectiles reçus dans le corps), tout simplement génial.

Cependant, cette jungle reflétant les méandres du temps : tantôt kaki, tantôt boueuse ou encore d'un blanc glacial, n'est pas ici pour aider votre progression si vous vous cantonnez à garder votre bonne vieille combinaison grise, qui s'avérera hors saison pour le coup. Kojima et sa team de développement ont donc mis à notre disposition un menu de camouflage des plus novateurs, permettant de revêtir différentes tenues de combat en fonction des tons environnants. La possibilité de masquer son visage par quelques peintures guerrières aux teintes changeantes, est aussi de mise et accroîtra de ce fait un peu plus votre capacité de furtivité (représentée par un pourcentage en haut de l'écran). Ce nouveau terrain de jeu est néanmoins propice à des pièges fourbes qu'il vous faudra contourner, mais aussi à de nombreuses facéties inédites à effectuer, comme grimper en haut d'un arbre pour sniper les sentinelles adjacentes, ou encore ramper dans les hautes herbes afin de vous fondre entièrement dans le décor. Vous êtes Snake, et l'on sent que le jeu a été développé pour que vous puissiez montrer toutes les faces de cet emblème qui, plus qu'un simple nom de code, vous colle à la peau...

Et ce n'est pas l'exploration du système de combat, bien plus développé que les précédents, qui nous ferait penser le contraire. Vous devrez maîtriser le CQC, ou Close Quarter Combat, sorte d'aïkido militaire résumé en un mouvement de base, puis développé selon vos envies. Ainsi, à partir d'une prise pour saisir l'ennemi, il vous sera possible de l'étrangler, l'égorger, le cuisiner pour récolter une info, le jeter à terre pour l'étourdir, ou encore, de s'en servir comme bouclier humain afin d'éradiquer ses comparses sans se soucier des dommages. Avec le nombre accru des possibilités avenantes, vous aurez donc la possibilité d'évoluer dans le jeu comme vous le souhaitez : discrètement en roi de la furtivité, ou barbarement, tel un soldat en mal d'hémoglobine ; le choix vous appartient.

Une mise en scène du feu de Dieu !

La trame générale de l'histoire a déjà été évoquée plus haut, et ce serait criminel d'en dévoiler plus, faisant de ce test un spoiler plus qu'autre chose. Néanmoins, comprenez ceci : si les scénarios des précédents Metal Gear étaient des bijoux d'inventivité amenés majestueusement jusqu'à leur fin ; celui de ce Snake Eater pourrait alors être comparé à la lame en acier trempé d'un katana, plus tranchant que le diamant, pourfendant ses prédécesseurs dans l'axe du temps. En effet, chaque bribe de l'histoire semble avoir été pensée de manière à former un immense puzzle dont vous ne posséderiez pas l'original. Et comme dans les opus précédents, ces pièces vous seront fournies au compte-goutte et pas dans leur totalité, vous donnant toujours l'impression de gravir une colline qui cachait une montagne... C'est grisant. Mais ce rendu presque parfait n'est pas arrivé là tout seul. Il est amené, entre autres, par des personnages charismatiques ayant leur propre psychologie : on vogue, de la perfection faite femme avec The Boss, jusqu'à un Colonel Volgin plus imposant et terrifiant que tous ses comparses, tout en passant par un Ocelot méticuleux aux faux airs d'un « Jack Sparrow » (référence au film « Pirates des Caraïbes »), et à un Naked Snake fumant le cigare, qui nous est encore inconnu. Cette pléiade de protagonistes, joue son rôle à merveille dans des graphismes somptueux et accompagnés de thèmes musicaux enchanteurs. Le tout, mis en scène de manière orchestrale mais rarement prévisible, passe telle une rafale d'AK 47 dans votre salon, et laissera à jamais son empreinte dans vos souvenirs de joueur.

Et la technique dans tout ça ?

Malheur à ceux qui pensaient que ce test était terminé. En effet, la partie réalisation n'ayant que très peu été évoquée, elle sera donc développée plus amplement ici. Au premier abord, il faudrait être aveugle pour ne pas se rendre compte que le jeu est une pure réussite d'un point de vue graphique. Les développeurs ont ainsi abattu un travail de titan, repoussant la PlayStation 2 dans ses derniers retranchements. La jungle y est représentée dans ses moindres détails, et chaque brin d'herbe ou autres parties constituant sa faune et sa flore, sont animés et rendus à la perfection. Le vent souffle, les papillons virevoltent, le couché de soleil illumine les feuilles mortes tombant dans cette végétation qui plie sous vos pas, tandis qu'un serpent se sauve de peur d'être le prochain à plier... C'est tout bonnement superbe, et c'est aussi ça Metal Gear Solid 3 : Snake Eater. Un petit bémol peu néanmoins être soulevé quant à une modélisation des personnages pas toujours au top selon les angles de vues, et à un léger aliasing omniprésent, mais là, je chipote. La démarche de Snake lorsqu'il est commandé par le joueur, n'est pas des plus naturelles non plus, mais on peut y entrevoir une trop grande habitude au CQC (comprenez ici que la démarche de Snake aurait été sciemment programmée de manière peu orthodoxe).

Côté son, Konami nous a gâté. Tout d'abord avec la présence de Harry Gregson-Williams comme compositeur, et une utilisation de la technologie Dolby Pro Logic II permettant une immersion totale largement méritée, grâce à des bruitages et des thèmes musicaux somptueux (notamment celui de l'introduction : « Snake Eater »). L'environnement sonore, de cette jungle emplie de vie, se retrouve donc en parfaite harmonie avec le rendu visuel, ce qui n'apporte que plus de réalisme au soft. Ainsi, portez une attention particulière aux zones dans lesquelles vous mettez les pieds, marcher dans l'eau boueuse se retrouvant être plus bruyant que ramper dans les broussailles. Une mention spéciale doit aussi être attribuée aux doublages américains se révélant être, une nouvelle fois, de très bonne facture. Enfin, le gameplay, très enrichi pour cet opus, ne sera pas à la porté de tout le monde dès les premières minutes de jeu, et il vous faudra bien un petit temps avant de contrôler correctement une partie des manipulations du CQC. Dans tous les cas, la durée de vie variant entre douze et vingt-quatre heures avant l'échéance finale (en fonction du type de joueur, chevronné ou novice, et en comptant plus de 3h de cutscene), vous avez le droit de prendre votre de temps... Et c'est un conseil, prenez-le : savourez !

En définitive, ce Metal Gear Solid 3 : Snake Eater est à la hauteur de nos espérances, et ne déçoit pas le joueur ne serait ce qu'une seconde, grâce à une mise en scène ultra efficace et des innovations à tour de bras. Certes, le nombre conséquent de cinématiques pourra malheureusement gâcher le plaisir de certains, qui finiront par s'interroger sur leur rôle véritable dans cette histoire. Mais qu'ils se rassurent, ici, vous n'êtes pas spectateur, mais bel et bien joueur. Et en tant que tel, toute personne en possession de la console de Sony se doit de réserver une place de marque dans sa ludothèque, pour ce titre qui le mérite amplement.

G r a p h i s m e s : 19/20
Vous aurez le loisir de progresser dans une jungle magnifiquement reproduite, animée avec une minutie sans pareille et vivant au rythme de vos pas. Même si la modélisation faciale des personnages n'est pas toujours parfaite en fonction des animations données, Konami a su pousser la PlayStation 2 au-delà de ses limites, et nous fait cadeau d'un des plus beaux jeux jamais créés.

B a n d e S o n : 19/20
Konami n'a décidément pas lésiné sur les moyens et offre à ce Metal Gear Solid 3 : Snake Eater de superbes thèmes musicaux composés par Harry Gregson-Williams (ayant travaillé notamment sur Shrek et The Rock). Ceci mis à part, les bruitages ne sont pas en reste et sont tout bonnement sublimes, procurant ainsi au jeu une ambiance des plus réalistes lors de vos explorations forestières.

J o u a b i l i t é : 18/20
Le staff de Konami a mis les bouchés doubles pour nous offrir un gameplay innovant, bourré de subtilités, se retrouvant être l'un des plus poussés du moment dans le monde vidéo ludique. Contrôler Snake ne s'avérera pas de tout repos, et son maniement pourrait paraître hasardeux et déroutant pour les débutants... Mais une fois passé outre ce petit détriment, effectuer des actions aux commandes de notre serpent baroudeur sera un pur bonheur. Chapeau bas.

D u r é e d e v i e : 17/20
Comme il a été mentionné précédemment, les joueurs acharnés pourront finir ce titre en moins d'une quinzaine d'heures de jeu... %ais ce serait au prix de quelques sacrifices inattendus. Konami nous avait promis une mise en haleine d'une vingtaine d'heures, et au final, c'est bel et bien le temps minimum qu'il vous faudra pour déguster cette aventure sans en perdre une miette.

V e r d i c t
Bien qu'étant le troisième opus d'une série, ce Metal Gear Solid 3 : Snake Eater possède une histoire originale, permettant une accessibilité scénaristique aussi bien pour les néophytes que pour les habitués des aventures de Snake. Tout dans ce soft est amené pour égayer au maximum les sens du joueur, et vivre cette aventure devient tout simplement jouissif ; marquant votre mémoire de gamer à jamais. A posséder absolument !

Note : 18/20

The_Pain

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