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La manga, histoire d’une passion

Ne nous fions pas aux mauvaises paroles des détracteurs qui affirment que la manga n’est qu’un divertissement mineur enclin aux connotations sexuelles et aux conflits manichéens basics. La manga vaut mieux que cela. Si tous les mangas ne sont pas d’une qualité extrême, il serait dommage de se réduire à quelques ouvrages et passer à côté d’œuvres magistrales.

Les mangas font parties intégrantes de la culture artistique japonaise. On estime qu’elle a pour origine des estampes humoristiques de l’ère Heian au 12e siècle après JC. Puis au début du 19e siècle le célèbre peintre Hokusai a popularisé cette technique grâce à ses représentations du mont Fuji. Mais c’est Osamu Tezuka à qui l’on doit la manga que nous connaissons. Véritable icône du pays du soleil levant, il y est considéré comme une icône nationale. Avec plus de 700 œuvres parmi lesquels les excellents Astroboy, Black Jack ou encore Le roi Léo, il est à l’origine de la graphie si particulière de nos héros. Des têtes et des yeux disproportionnés, vous aurez rapidement fait le rapprochement avec le Mickey de Disney. La ressemblance est frappante, mais n’oublions pas que les Etats-Unis et le Japon ont partagé la même destiné après la seconde guerre mondiale.

Le traumatisme du bombardement est d’ailleurs omniprésent dans la culture japonaise. Le futur post atomique décrit dans l’animé Akira du grand Nobuhiro Otomo en est sans doute un exemple des plus concrets. Ce traumatisme est sans doute à l’origine de la lubie des otakus, ces fans de robots hypermodernes qui deviennent les ambassadeurs de la manga. Qui aujourd’hui ignore Gunm ou Evangelion ? Les méchas fascinent et sont l’apanage de nombreuses productions, les excellents Metal Gear Solid n’en seraient-ils pas également des victimes ?

La France est le deuxième pays lecteur de manga après le Japon. AB production n’est sans doute pas étranger à ce succès. Le club Dorothée de TF1 a fait naître une génération de fans. Bercés par les Dragon Ball Z, Sailormoon ou Ken le survivant, nous sommes sans doute les acteurs de la mauvaise image de la manga en France. Si bien que les autorités ont condamné l’émission car elle était nocive pour l’éducation des jeunes. Spectacles de violences gratuites, éternelles luttes du bien contre le mal, ce n’étaient certainement pas les meilleurs exemples pour représenter la manga. Leur faible coût aura certainement été la raison de leur diffusion, et ce n’était pas des chefs d’œuvre scénaristiques ou d’animation !

Vous aurez remarqué que je n’utilise pas le terme les mangas mais la manga. A ce sujet la polémique fait rage dans le milieu des chroniqueurs de mangas. Le terme féminin étant attaqué car il est trop bourgeois aux yeux de certains, mais ne dit-on pas la bande dessinée ?
Je ne peux me résoudre à considérer les grands mangakas tel que Urasawa et Taniguchi comme des auteurs mineurs. Les shonen - mangas destinés aux adolescents - peuvent faire preuve de beaucoup de subtilité et de maturité.

10 ans après la génération club Dorothée, sa mauvaise image commence à s’estomper. L’essor d’Internet et de la presse spécialisée y a très certainement contribué. Mais c’est la diffusion au cinéma des sublimes films de la Ghilbi qui ont réveillé l’industrie de la manga. Miyazaki et Takahata, deux virtuoses de l’animation à qui l’on doit les distingués Tombeau des Lucioles, Princesse Mononoké ou Château Ambulant. Entre comtes pour enfants où règne la magie des mondes merveilleux et comtes moralisateurs. Ils forcent le respect ; oui, il s’agit là du grand art. Celui de faire rire, de faire pleurer, en résumé de nous faire vivre.

Folken

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