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The Twin Nikolaï
- Chapitre 8 -
(Fanfic par jesuislenain)
Même toi, …, le grand soldat,…, tu n’es qu’un pion.
Le chasseur s’était littéralement désintégré. Il ne subsistait que ses deux réacteurs surplombés des doubles ailerons, trônant au milieu d’une mare de kérosène enflammée. Des briques gisaient ça et là, certaines avaient même été propulsées jusqu’au mur opposé, témoignant de la violence du choc.
Hormis une petite partie éclairée par les flammes, l’intérieur de l’entrepôt était plongé dans l’obscurité, soit parce que l’avion avait réduit à néant le système d’éclairage, soit parce que personne n’avait eu l’idée de se réfugier ici. Malgré le manque de lumière, on pouvait distinguer les ombres de caisses et autres bidons entassés les uns sur les autres.
Scott alluma sa lampe torche et éclaira les environs. Ce qui se dévoilait alors à nos yeux nous surprit au plus haut point. En effet, se trouvaient là des jeeps montées de mitrailleuses, aux côtés de véhicules blindés légers sans parler des HUMVEE. Tout ceci était entreposé ici, et certainement entretenu au vu de leurs carrosseries éclatantes.
Je me dirigeais vers la caisse la plus proche et l’ouvris. Elle contenait des munitions de PKS et des chargeurs d’AK-47, ce qui ne m’intéressait pas. J’ouvris celle d’à côté, qui se différenciait des autres par sa couleur vert olive, et pus constater avec joie qu’elle renfermait des fusils M4, avec lunette de précision, visée laser, lampe et silencieux. Une autre découvrit assez de munition pour tenir une guerre. Je montrais ma découverte à Scott qui me tendit un pistolet SOCOM. Enfin je retrouvais un équipement digne de ce nom. Sans plus attendre, je me débarrassais des armes empruntées à l’ennemi et partis à la recherche d’une radio. Maintenant que j’avais une torche je pouvais m’éloigner du sergent, en m’enfonçant plus profondément dans les ténèbres.
Un coup de feu retentit et Scott hurla. A ce moment là des projecteurs disposés un peu partout m’éclairèrent, me rendant aveugle durant quelques secondes. Quand mes yeux furent habitués à ce flot de lumière je pus apercevoir une silhouette devant moi. Ne sachant s’il s’agissait de Scott je m’approchais, épaulant mon fusil, prêt à faire feu.
« Scott, c’est toi ? »
Pas de réponse. Mais cela ne m’empêcha pas de continuer :
« Qui êtes-vous ? Déclinez votre identité ou je fais feu !
- Tu n’oserais pas tirer sur un camarade de combat quand même ? »
Quoi ? Non, pas encore…
« Ah, c’est vrai, tu l’as déjà fait. C’est bien toi qui as tué Ottheinrich ?
- Lacroix ! Mais qu’est-ce que vous avez tous ? »
Je pouvais maintenant distinguer le visage de l’inconnu. Il s’agissait bien de mon premier mitrailleur, Lacroix, membre de FOX HOUND et élément de l’Unité Fox. Il se tenait debout, à dix mètres devant moi, dans sa tenue de combat noire, pointant en ma direction la M249 qu’il savait si bien manier.
« Comment ça ? Tu n’as pas encore compris ? Bah, je suppose que c’est ce dont on doit s’attendre d’un leader qui laisse mourir ses hommes au combat. »
Merde, il m’en veut encore pour Sanchez. Mais il est con ou quoi ? J’avais pas le choix !
« Tu veux parler de Sanchez ? J’allais pas risquer toutes vos vies juste parce que tu croyais qu’il était en vie, non ?
- Mon cul, c’est ta vie que tu voulais pas risquer ! T’es un lâche ! cria-t-il.
- Mais tout ceci n’a pas d’importance puisqu’il est toujours en vie, non ? »
Il se calma et sourit :
« En effet, je vois que tu n’es pas totalement irrécupérable.
- Mais alors pourquoi toute cette mise en scène ? » Ca ne collait pas, quelque chose avait dû m’échapper. Il se tut quelques secondes puis entama un long discours :
« Mais parce que tu es un combattant hors pair. Au départ, Sanchez avait reçu l’ordre de t’abattre au loin, mais tu te camouflais si bien qu’il n’a pu te trouver dans cette jungle, alors qu’il était ton allié. En plus, ça aurait été du suicide pour nous trois de s’attaquer à toi de front, tu nous aurais tous tués sans difficultés. Après tout tu restes le meilleur soldat de l’unité. On aurait pas fait le poids face à toi, d’où cette mise en scène comme tu dis. Si tu étais occupé par d’autres ennemis, tu n’aurais pas fait attention à nos faits et gestes, pensant qu’on couvrirait la zone que tu avais délimitée, ce qui nous permettait de te donner un coup de couteau dans le dos. Voilà pourquoi on a fait tout ça. »
Ils avaient donc si peur de moi ? C’est flatteur.
« Mais tu t’en es sorti et maintenant tu t’amuses à tuer mes compagnons. Je vais donc être obliger de finir le travail de Iouri…
- Attends, dis moi pourquoi vous avez fait tout ça, pourquoi vous avez trahis FOX HOUND, et pourquoi …
- A quoi bon puisque tu es un homme mort. »
Sans savoir pourquoi je plongeais sur ma droite pour me mettre à l’abri derrière les caisses. Cela me sauva des balles de Lacroix qui, après avoir tiré sa slave, courut pour changer de position. C’est alors que je ressentis un profond malaise, comme si une chose horrible allait se produire sans savoir de quoi il s’agissait. J’eus si peur de mourir que je bondis de ma cachette pour aller me planquer derrière une autre pile de bidons. J’entendis la caisse qui m’avait servi d’abri se désintégrer face à la puissance de feu de la mitrailleuse. Merde, une sorte de sixième sens m’avait sauvé la vie encore une fois ! C’est pratique, mais fuir ne me servirait à rien, il fallait que j’attaque.
Le combat se poursuivi quelques minutes de cette façon, sans aucune possibilité de ma part de tirer ne serait-ce qu’un coup de feu. Et puis je me rappelais que Scott se trouvait ici aussi, peut-être allait-il pouvoir m’aider.
« SCOTT, T’ES LA ? »
Malheureusement ce ne fut pas lui qui me répondit.
« Ce que tu fais est vain, il est déjà mort.
- Quoi ?
- Tu l’as pas entendu gueuler ? J’allais quand même pas vous combattre tout les deux à la fois. »
Le salaud avait raison, c’était le cri de Scott qui m’avait prévenu de l’arrivée de Lacroix. J’étais plutôt mal barré, avec mon petit M4 contre sa puissante M249 dans cet espace clos. Il m’était impossible de deviner la position des tirs et dès que je regardais au dessus de ma cachette une rafale m’intimait l’ordre de fuir. Après dix minutes de cache-cache je n’avais réussi qu’à me perdre au fond de l’entrepôt. J’étais acculé contre un mur alors qu’il ne restait plus qu’une pile de caisses métalliques entre moi et mon adversaire. Lacroix en avait visiblement marre et il tirait de plus en plus à l’aveuglette, autour de ma position pour me faire sortir. Je n’avais plus le choix, à ce rythme là je ne survivrais pas cinq minutes de plus. Il fallait que je l’attaque pour m’en sortir, même si mes chances étaient infimes.
Au moment où j’allais faire ma sortie Lacroix tira sur la caisse située juste au-dessus de moi. Elle vacilla quelques secondes, juste le temps pour moi de me mettre à l’abri avant qu’elle ne s’écrase, répandant son contenu sur le sol. Il s’agissait de grenades en tout genre, de la simple HE à la grenade au phosphore. Tout à coup la situation devint moins désespérée. Je pris une grenade aveuglante et deux explosives sur moi et je montais sur une caisse, à l’abri derrière un gros cube de béton qui devait être le renfoncement d’une guérite. Lacroix se trouvait à environ vingt mètres de ma position.
Je posais un fumigène sur le sol à gauche de ma caisse et lançais une grenade le plus près possible de lui, en prenant bien soin de ne pas le toucher. Il fut surpris de se voir attaqué et, croyant à juste titre que la grenade était une diversion, il tira machinalement dans la fumée grandissante. Mais l’attaque ne viendrait pas de cette direction. J’épaulais mon M4 et dès que la cible apparut au centre de ma lunette, je pressais la détente. Lacroix poussa un cri, les coups de feu cessèrent puis il tomba.
La balle avait touché la rate, ne lui laissant aucune chance de survie. Il avait déjà perdu beaucoup de sang lorsque j’arrivais à ses côtés mais il lui restait assez de force pour parler :
« Pourquoi tu ne m’as pas tué du premier coup ?
- On a pas fini notre discussion de tout à l’heure, non ?
- Je vois. Tu as gagné, c’est le privilège du vainqueur que de… »
Il toussa tout en crachant du sang. Il n’en avait plus pour longtemps, il fallait que je me dépêche.
« Maintenant dis-moi pourquoi vous avez fait tout ça ! Qui a pris la décision de me tuer ?
- C’est Takashi qui a tout mis au point, dit-il avec peine. Il en avait marre de vous suivre, vous les pontes de FOX, …, à jamais nous donner de mission… Et il a décidé de mettre nos talents au service d’une autre personne…
- Qui est cette personne ? Gurluskovitch ?
- Non, ..., lui aussi n’est qu’un simple employé… mais j’en sais pas plus, je suis désolé, il va falloir que tu lui demandes toi même, …, à ton élève… »
Sa voix se faisait de plus en plus faible. Il s’arrêtait de parler plus souvent pour tousser, ce qui rendait difficile la compréhension.
« Et comment je vais faire, la base est en train de se faire raser !
- Il n’est pas ici, mais dans la base principale. Il nous a laissé Ottheinrich et moi même pour , …, repousser les assauts des américains, …, mais on avait pas prévu qu’ils se servent de toi comme ça…
- Se servir de moi ? Mais qu’est-ce que tu racontes ?
- Ah, ah, ah… Même toi, …, le grand soldat,…, tu n’es qu’un pion …
- De quoi tu parles ? Réponds ! hurlais-je
- … réfléchis, …, pourquoi l’aviation américaine bombarderait sa propre base…, et comment ont-ils fait, …, pour savoir où se trouvaient, …, les laboratoires ? »
Il avait raison, les avions avaient lancé leurs bombes à l’endroit exact où se trouvaient les scientifiques.
« Qu’est ce que ça veut dire hein ? Réponds !
- … même toi, …, un pion … »
Ce fut tout, il était mort. Je me levais, regardais les alentours et pensais à ce qu’il venait de me dire. Un pion ? Mais de quoi parlait-il ?
Des gémissements me sortirent de mes pensées. Par réflexe j’alignais la silhouette qui avançais péniblement vers moi, en se tenant le bras gauche. Je ne compris cette attitude qu’après quelques secondes : c’était Scott et il était blessé.
« Scott, c’est bien toi ?
- Qui tu veux que ce soit, dit-il d’un ton sacarstique. T’en as mis du temps à le butter ce salaud !
- Et toi t’en as mis du temps à venir aider !
- Désolé, mais il s’est occupé de moi avant de venir te passer le bonjour. »
Il désigna le bandage qu’il portait à son bras gauche d’où coulait du sang. Avant que je puisse parler, il me dit :
« On a pas de temps à perdre, l’entrepôt va pas tarder à être bombardé aussi. C’est un miracle qu’on soit encore en vie.
- T’as raison, on prend un jeep et on se casse.
- Non, un HUMVEE, fais moi confiance, répondis-il après un moment de réflexion.
- Okay. »
On se dirigea vers le premier HUMVEE mais il était fermé à clef. Scott prit une tige de métal, la cala dans la serrure et donna un grand coup de crosse, ouvrant la portière. Il alla crocheter l’autre porte pendant que je démontais le tableau de bord. A ’’l’Ecole’’ on nous avait appris à crocheter et à voler, au cas où. Je fis exactement ce que l’instructeur m’avait appris en ce qui concernait les voitures, sachant qu’un simple court-circuit permettait de démarrer le moteur. Une fois que Scott fut installé à mes cotés, je pris le volant et fonçais au travers des débris incandescents et des cadavres calcinés. La base était toujours en pleine effervescence, mais non pas pour riposter contre l’attaque américaine qui s’était avérée très efficace, mais plutôt pour fuir ce carnage. En effet, tous les systèmes de défense anti-aériens avaient été détruits et les bâtiments qui se dressaient fièrement n’étaient plus que des ruines.
Une bombe avait dû exploser près des champs de mines, au juger des cratères qui avaient défoncé la clôture. Et dire que c’est elle qui m’empêchait de m’infiltrer ce matin. Maintenant elle ne représentait plus aucune menace, bien au contraire. Les gardes étaient tellement occupés à fuir qu’on put sortir d’ici sans problèmes.
jesuislenain
A suivre >>
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