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The Twin Nikolaï
- Chapitre 6 -
(Fanfic par jesuislenain)
Il n’y a jamais eu de prise d’otage ici.
L’ambiance qui régnait dans le bâtiment était lourde, oppressante, comme si quelque chose de terrible pouvait arriver sans crier garde. Cette impression était d’autant plus accentuée par les murs sales, dont la crasseuse monotonie ne laissait place qu’à des fissures dévoilant le rouge brique, contrastant avec le jaune vieillot du plâtre. On pouvait entendre des éclats de voix, des bruits de pas et plusieurs autres témoins de la vie présente en ces lieux. Vie qui n’hésiterait pas à mettre fin à la nôtre.
Après avoir parcouru une dizaine de mètres, nous vîmes la porte donnant accès aux escaliers. Contrairement au reste du bâtiment, celle-ci était peinte d’un blanc immaculé, dissimulant un blindage capable de résister à une roquette. Elle ne présentait aucune poignée mais offrait, en guise de remplacement, une serrure magnétique de dernier cri, sorte de halo high-tech au milieu de ce vestige de la guerre froide. Sur cette façade blanche était écrit en lettres noires ’’Laboratory access. Acreditation level 2 only.». Scott semblait incrédule :
« Merde, j’avais pas prévu ça…
- Une serrure magnétique ici ? Mais c’est quoi cette raffinerie ?
- C’est le même modèle que celui utilisé par l’Agence, je pense pas pouvoir la crocheter, dit-il impuissant. Il va falloir trouver la clef ou essayer de passer par l’ascenseur.
- Non, pas… »
C’est alors que le contact froid de ma main contre du métal me rappela un détail qui, s’il était passé inaperçu jusque là, n’allait pas manquer de nous aider. Il s’agissait du rectangle métallique tombé de la poche des soldats rencontrés précédemment. Je le pris et le tendis à Scott :
« Ca ira tu crois ?
- D’où tu sors ça ? me dit-il, surpris.
- Mon terro l’avait sur lui, …, ça correspond non ?
- Il n’y a qu’un seul moyen de le savoir. »
Je fis passer la clef dans la fente prévue à cet effet et, à notre grande joie, la porte s’ouvrit. Elle donnait sur des escaliers larges et métalliques, ce qui nous donnait l’impression qu’ils avaient été ajoutés là après le reste du camp. On commença la descente mais on était à peine arrivés au premier sous-sol qu’on tombait déjà sur une patrouille. L’un d’eux dévisagea Scott et s’approcha de lui. D’une frappe, je lui intimais l’ordre de ne rien tenter. Il émit un grognement d’approbation en guise de réponse.
« Que faites-vous ici ? »
Dolph avait pris le temps de revêtir l’uniforme ennemi avant de quitter les douches. De plus, il s’était équipé d’un fusil kalachnikov ainsi que du Taurus PT92, gardant son flingue sous sa chemise et son M4 en bandoulière, près de son sac contenant ses affaires. Ainsi, il pouvait se faire passer pour un terroriste, de même pour ma personne.
Ce fut Scott qui pris l’initiative :
« On emmène les affaires des ricains au chef. Il a dit qu’il s’en occupait personnellement.
- Pourquoi faire ?
- Désolé, t’as pas le droit de le savoir, je peux pas t’en dire plus. » Je t’en pose moi des questions ? « Et n’en parle à personne, OK ? »
Le garde regarda Scott pendant quelques secondes puis répondit :
« Compris. Dépêchez-vous, le Boss n’est pas très commode aujourd’hui avec toutes ces attaques.
- Ok, merci. »
Et ce fut tout. Rien à redire, il avait assuré sur ce coup, rien à voir avec l’exécution des deux hommes dans les douches.
Une fois la descente finie, nous parvînmes au troisième sous-sol. Il fallut encore une fois user de la carte magnétique pour déboucher sur un nouveau couloir dévoilant quatre portes. On pouvait voir au fond l’ascenseur éclairé par les néons omniprésents, chassant la moindre parcelle d’ombre. Scott prit les devants et alla ouvrir la première porte à gauche. Je le suivis, arme au poing, prêt à l’utiliser si le besoin s’en faisait sentir. On arriva dans une sorte de laboratoire chimique, avec ses fioles et autres éprouvettes posées sur les paillasses. Certaines chauffaient, d’autres dégageaient de la fumée, nous dévoilant une myriade de couleurs.
Des voix se faisaient entendre dans la pièce d’à côté, accessible via une porte à double battant située à notre droite. Silencieusement, je m’approchais pour écouter :
« Ils ne voudront jamais ! » C’était une voix d’homme, plutôt anxieuse. Immédiatement, une autre voix, plus posée, répondit :
« Ils n’ont pas le choix. C’est trop dangereux de rester ici.
- Mais ils s’en foutent, c’est Sergueï le chef du projet. Il peut très bien se passer de nous maintenant !
- Qui vous dit qu’ils veulent poursuivre les recherches ? »
La dernière remarque venait d’une femme, et toute cette conversation avait été faite dans un anglais britannique parfait, à en juger par leur accent. Bien, ça ne devait pas être des soldats mais les scientifiques pris en otage.
Je regardais Scott et lui dis de passer par le battant gauche. Quand je donnais le signal, on fonçait dans la pièce, armes en avant. Je mis les scientifiques à terre pour les protéger d’une éventuelle menace tandis que Scott partit en avant pour vérifier si personne n’était là pour les surveiller. La pièce était petite, environs trois mètres sur six, et elle ne disposait que de deux sorties. La première porte menait d’où nous étions arrivés et la seconde, à un seul battant, donnait vraisemblablement sur le couloir. La salle quand à elle était occupée par des bureaux collés aux murs, surplombés d’ordinateurs. Deux autres se faisaient dos juste en face des doubles battants. Un tableau noir occupait le mur du fond, noircit de calculs en tout genre que je ne comprenais pas au coté d’armoires métalliques. Scott finit rapidement et après avoir reçu le signal de RAS, je permis aux scientifiques de se relever pour entendre leurs insultes :
« Mais vous vous prenez pour qui ?
- Ca va pas de sauter sur les gens comme ça ? On pourrait vous faire virer ! »
Mais la femme savait quoi dire pour nous faire regretter cette attitude qui, si elle apparaissait brusque à leurs yeux, aurait pu leur sauver la vie en cas d’accrochage.
« C’est comme ça que vous vous y prenez pour faire du ”rentre dedans” ? Je suis désolé mais c’est à revoir. »
Scott protesta plus rapidement que moi :
« Silence ! On est ici pour vous faire sortir de cette merde. Alors vous coopérez et ne nous gênez pas, OK ?
- Comment ça ? Vous voulez nous amener où ? »
C’était un homme âgé qui avait pris la parole. Il avait la soixantaine, cheveux blancs et lunettes. Il semblait le plus sage des trois et parlait sans précipitation en s’exprimant dans un anglais littéraire. Il revêtait une blouse blanche qui masquait ses habits, à laquelle était accroché un badge. Il s’appelait Dave Sweetman.
« On va à Outer Haeven ? »
Je ne comprenais pas leur réaction et encore moins leurs paroles. Ils n’avaient pas l’air d’otages, bien au contraire. Ils semblaient bien nourris, et aucune trace de torture ou sévices n’était visible. Pour parfaire le tout, ils se trouvaient seuls dans une pièce, libres d’aller où bon leur semble. Et ces badges, Dave, Jimmy et Nina, pourquoi exposer leurs identités comme ça ?
« Non, on vous ramène en Amérique, répondit le delta.
- Attends Scott, répliquais-je, de quoi vous parlez ? C’est quoi Outer Heaven ? »
Les scientifiques me dévisagèrent, surpris. Nina me dit, d’un ton suspicieux :
« Vous êtes bien des soldats postés ici pour garder ce centre non ? »
Nous portions l’uniforme des terroristes, mais alors pourquoi nous confondait-elle avec des soldats ?
« Non, nous sommes des membres de forces spéciales venues ici pour vous délivrer.
- Mais nous délivrer de qui, vous êtes cons ou quoi ? » Le plus jeune, Jimmy, qui semblait avoir la trentaine était indiscutablement le moins disposé à coopérer. Heureusement son homologue féminin était plus compréhensive :
« Tais toi, c’est déjà assez compliqué comme ça. » A moi « Nous n’avons jamais été retenus de force. Nous sommes des volontaires pour ce projet. »
Après avoir fermé à clef une porte donnant sur le couloir, Scott alla se poster près de l’accès vers le laboratoire, pour nous prévenir d’une intrusion ennemie.
« Volontaires ? Mais nous avons reçu l’ordre de vous sauver de vos preneurs d’otage, dis-je incrédule.
- Vous devez vous tromper. Il n’y a jamais eu de prise d’otage ici.
- Mais que faites-vous là alors ?
- Vous croyez qu’on va vous le dire ? C’est classé secret défense ! Allez vous faire voir ! » Devinez qui nous avait fait profiter de ses lumières… Alors que j’allais le corriger, Dave s’interposa :
« Certes, mais en vue de la situation, nous ne pouvons nous permettre d’ignorer ce qu’ils disent. » Il s’assit et, après avoir observé le signe d’approbation de sa compère, commença. « Vous vous trouvez actuellement dans un centre de recherche secret travaillant pour le compte des Etats Unis. Nous sommes trois ingénieurs envoyés ici par le ministère de la défense dans le but de développer de nouvelles armes. Or, depuis quelques temps, nous avons appris que nous n’étions pas les seuls. Toutes nos recherches partent vers un deuxième laboratoire plus important, situé à quelques kilomètres d’ici. C’est un russe qui s’occupe du reste des recherches, un certain Sergueï. Qui plus est, depuis deux semaines, nous n’avons plus reçu d’ordre de notre hiérarchie, nous laissant dans l’embarras. Et les combats de cette nuit n’ont rien arrangé, au contraire. Tout le monde est sur les nerfs, et personne ne s’occupe de nous. »
Je restais abasourdi par ce que je venais d’entendre. Alors pendant tout ce temps je me trouvais dans une base américaine, tuant des GI’s ! Mais pourquoi on m’avait envoyé ici ? Et surtout, Pourquoi m’avait-on mentis sur la nature des lieux et des ennemis ?
« Mais ce n’est pas tout, poursuivi la scientifique. Nous avons de fortes chances de penser que nos vies sont en danger » Nina semblait vouloir vivre, c’était un bon point. « En effet, Sergueï se sert de nos recherches pour faire quelque chose. Nous ne savons quoi, mais c’est suffisamment important pour que l’état major réduise de moitié notre budget pour le financer lui. Et impossible de savoir sur quoi il travaille, c’est encore plus secret que cette installation. Malheureusement nous pensons qu’il n’a plus besoin de nous, et nous représentons une menace pour les Etats Unis. Si le monde découvre ce qui se passe ici, il pointera les USA du doigt. Ca serait plus sûr de nous éliminer au lieu de nous relâcher, puisque nous sommes inutiles.
- Mais sur quoi travaillez-vous ?
- Dave est spécialiste des missiles intercontinentaux, Jimmy est un pro de la miniaturisation et quant à moi je travaille dans le nucléaire. Je vous épargne les détails, je doute que vous compreniez.
- Alors, vous nous faites sortir de là où vous nous tuez ? » De plus en plus irritant le jeunot, mais il y avait d’autres priorités :
« Ce n’était pas prévu comme ça, il faudrait que je m’en réfère à mes supérieurs. Vous savez où je peux avoir un contact avec l’extérieur, nos radios sont brouillées.
- Vous en trouverez certainement des valables dans un des hangars, à la surface. Ce sont de grands bâtiments d’un seul étage camouflés par des filets, vous ne pouvez pas les rater.
- Ok, on …
- Vous n’allez pas nous laisser seuls ici quand même ? » Aïe, comment rester de marbre devant de tels yeux, elle est vraiment craquante… Son joli visage me regardait, semblant dire « Ne me laisse pas seule ici, parmi tous ces soldats, s’il te plaît ! » Mais je ne pouvais pas les emmener là-haut sans préparer un minimum le terrain, c’était trop dangereux.
« Hé bien, … » Scott me coupa, à voix basse :
« Silence, quelqu’un vient ! »
Mes vieux réflexes reprirent le dessus. Je mis à terre les ingénieurs et allais me placer derrière un bureau, mon arme braquée vers la double porte.
jesuislenain
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