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The Twin Nikolaï
- Chapitre 3
-
(Fanfic par jesuislenain)

La grenade lancée à ton encontre n’a pas été dégoupillée par un ennemi.

Bien, ma décision prise, il ne me restait plus qu’à infiltrer une raffinerie prise par au bas mot une centaine de terroristes, trouver des scientifiques, les libérer, les faire sortir de ce merdier en un seul morceau et m’enfuir avec eux après avoir contacté le Colonel avec une radio que je n’avais pas pour organiser le retour déjà annulé par mes supérieurs. Le tout avec un couteau, une machette, un AK-47 et deux chargeurs. Dire qu’au début de la mission j’avais un SOCOM et une SMG… Bon, les points positifs maintenant : je me trouvais à moins de vingt mètres de la raffinerie. En revanche, ma montre indiquait 1012 et le soleil s’était levé depuis, me privant de l’obscurité pour agir. Attaquer cette place forte de jour, sans aucun soutient et avec aucune arme valable aurait été un suicide. Mais si j’attendais la nuit, ils devraient rappeler leurs hommes et allumer leurs projecteurs. Leur attention sera alors focalisée sur les cercles de lumière, ce qui me permettrait d’entrer sans difficultés. Mais cela impliquait d’attendre plus d’une demi-journée, avec ces hommes à ma recherche. Non, il fallait que je trouve un moyen de passer cette clôture. Elle semblait électrifiée, impossible de l’escalader ou de la sectionner. Et pour ouvrir la porte… aucun système de reconnaissance n’était visible, hormis les gardes. Il y avait sûrement un code oral à donner, donc même si j’étais déguisé en terroriste, ils ne me laisseraient pas entrer.
Deux possibilités donc : soit je me démerdais pour trouver ce foutu mot de passe, soit je mettais HS la clôture. Il y avait un boîtier, accroché à un pilier supportant les barbelés, c’était peut-être les commandes ou les disjoncteurs.
Ca fait un peu trop de ’’si’’ à mon goût, je préfère tenter le code.
En me planquant à proximité de la porte, je pourrais entendre les gardes entrer et, avec de la chance, me mêler à eux. Allons-y.
Profitant d’un changement de quart des sentinelles, je courus jusqu’à un buisson situé à trois mètres de la porte, accolé à la clôture. Pas super comme planque, au moindre mouvement je grille sur place. Après dix minutes d’attente, les terroristes rentrèrent chez eux :
« Iouri Ivanov, code #53072, dit le premier.
- C’est bon, au suivant.
- Franco Souchey, code #53087.
- OK, suivant. »
A ma grande surprise, ce n’était pas un mot de passe qu’ils donnaient, mais leurs nom et matricule. Je ne pouvais pas me faire passer pour l’un d’eux.
Comment est-ce que j’allais faire ? Les mecs que j’avais neutralisés n’avaient ni DOG TAG, ni papiers. Impossible d’être réglo avec les gardes. Et pas question de forcer le passage, il y avait une jeep blindée, cinq hommes dont deux armés de FG-42, sans parler des Pelmet Kalachnikov Stankoviy aux miradors. Une attaque de front serait suicidaire.
Néanmoins un détail fit mouche : les soldats semblaient suivre un itinéraire bien défini pour rejoindre leurs baraques. Le terrain devait être miné et ils suivaient le chemin sécurisé. Je le mémorisais pour la suite des événements et abandonnais définitivement l’option ’’cloture’’. Quand bien même j’arrivais à la mettre hors service, je ne pouvais poursuivre à cause des mines.
Je fus tiré de mes pensés par une détonation. Le bruit sourd était la signature d’une claymore. Je n’avais pourtant pas merdé et aucuns des gardes n’avaient sautés sur une mine. Que se passait-il ?
« RATATATA !!!!! »
Fusil M4, sans aucun doute. Et des Kalachnikovs en réponse. Il y aurait quelqu’un d’autre sur le coup ? Où alors c’était l’armée qui intervenait ?
J’aime pas ça, je suis déguisé en méchant moi !
Dans la confusion la plus totale, la jeep et la majorité des gardes partirent vers le Nord de la base, laissant derrière eux seulement deux soldats dans un mirador. C’était ma chance. Avec tout ce bouquant, je pouvais utiliser mon AK-47 pour éliminer les gêneurs.
J’avais déjà eu l’occasion de me servir de ce fusil, il y avait bien longtemps… Sa prise en main était froide, due à ses formes carrées et à ses courbes cassées. Sans plus attendre, je l’épaulais, visais l’homme le plus à gauche qui regardait dans ma direction, et fit feu. La balle ne mit pas une fraction de seconde pour atteindre la tête du terroriste, au-dessus du sourcil droit. Cela eut pour effet de projeter la partie supérieure de la boite crânienne alors réduite en petits morceaux dans la tourelle. Sentant une chose flasque et chaude toucher sa nuque, le second se retourna, juste à temps pour voir la gerbe de flamme sortir du canon. La deuxième balle fut moins précise que la première et dévia légèrement de sa trajectoire pour atteindre le malheureux en pleine gorge. La trachée ainsi qu’une artère furent sectionnées sur le coup, provoquant des jets de sang qui, s’ils avaient été dirigés en ma direction, auraient certainement pu m’atteindre. Après trois secondes passées à se vider de son sang, il se calma et tomba comme une pierre sur le plancher. Le bruit de la bataille avait suffit pour couvrir ses gémissements ainsi que les deux coups de feu. Sans hésiter, je fonçais vers le portail. Je jetais mes jumelles qui étaient en partie métalliques pour constater que celui-ci n’était pas électrifié. Je n’eus aucune peine à l’escalader pour ensuite traverser le champ de mines, imitant les gardes précédents.
A ce moment là, les coups de feu cessèrent. Les dernières rafales que je pus entendre furent celles d’un AK-47, les éventuels assaillants avaient donc du tous être tués. Mais il y avait plus urgent, il fallait que je me planque, les gardes n’allaient probablement pas tarder à venir et ils n’auraient aucune peine à découvrir les cadavres de leurs compagnons.
La caserne la plus proche était construite sur pilotis pour éviter les inondations, ce qui laissait assez d’espace pour cacher un homme. Cinq bidons disposés dans un angle faisaient de cette cachette une planque invisible aux yeux ennemis. Cambré, mi-courant mi-marchant, je rejoignis ce lieu béni. Tout en restant caché à l’abri des regards, je pus observer l’entrée ainsi que l’allée, la caserne et l’aile Est des bâtiments principaux.
Les gardes ne tardèrent pas à réapparaître pour constater le décès de deux de leurs camarades, aidés par la flaque de sang au pied du mirador. Aussitôt l’un d’entre eux se dirigea vers le petit boîtier fixé à la clôture et appuya sur un bouton, ce qui eu pour effet de déclencher l’alarme. Finalement, j’avais bien fait de choisir l’option ’’code’’. Par contre, il m’était impossible de quitter ma cachette, au vu du nombre de soldats venus pour renforcer la sécurité.

Je n’avais aucune idée de comment me sortir de là, mais rester où j’étais n’allait pas faire avancer les choses. Je décidais donc d’aller voir l’autre coté de la raffinerie, toujours planqué sous les pilotis. En rampant sous le plancher je découvris une trappe permettant d’entrer dans la caserne. Puis tout s’enchaîna. Les patrouilles avaient l’ordre de fouiller partout pour trouver celui qui avait pu pénétrer dans l’enceinte, et ils ne furent pas long à vérifier le dessous des baraques. Je pouvais un faisceau lumineux se promener sur le sol boueux à quelques mètres de moi :
Merde, je vais me faire griller si je reste là. Sans plus attendre, j’ouvris la trappe pour entrer dans le bâtiment, fusil sur l’épaule, prêt à faire feu. J’atterris dans une petite pièce où s’entassaient les caisses et les bidons en tout genre, mais aucune présence ennemi n’était visible. Par curiosité, j’en ouvris un et découvris du riz et des pâtes, que des aliments qui se conservent longtemps sans craindre les détériorations dues au temps. Et ceux-ci étaient présents en grande quantité. Ils se préparent à un siège ? Apparemment je me trouvais dans leur quartier général, et non pas dans une planque utilisée pour les négociations. Ou bien ils n’avaient pas prévu de quitter les lieux. Dans ces deux cas, c’était en contradiction avec nos informations qui stipulaient que la raffinerie n’abritait qu’un nombre limité de rebelles car celle-ci n’était pas une de leur base. Décidément, rien ne se passait comme prévu.
Quoi qu’il en soit, toute cette nourriture ne m’était d’aucune utilité vu que j’avais mes rations avec moi et que je ne comptais pas m’éterniser ici. Par contre une arme aurait été la bienvenue. Dans le but de voir mes vœux s’exaucer j’inspectais plusieurs autres caisses, mais elles ne contenaient toutes que des vivres. En désespoir de cause je décidais d’inspecter le bâtiment qui, de part le silence, semblait vide. J’ouvris donc la seule et unique porte de la pièce, lentement, et constatais l’absence de cibles. Après quelques pas je me trouvais dans un dortoir comprenant vingt lits superposés, disposés en ligne contre les murs. J’avançais le long de l’allée centrale quand quelque chose attira mon attention. Il s’agissait d’un miroir, accroché au sommier d’un lit. Sans savoir pourquoi, ce miroir me rappelait quelqu’un. Sans bouger, j’inspectais une seconde fois la salle dans son ensemble pour remarquer un fait étrange. Plusieurs autres miroirs étaient disposés aléatoirement, que ce soit sur les lits, au sol ou encore au plafond.
Mon sang ne fit qu’un tour, me rappelant soudainement pourquoi j’avais déjà vu ces miroirs quelque part. c’était la façon de procéder de …
« Je vois que tu as repéré mon piège, félicitations. »
Non, c’est impossible…
« Mais cela ne te servira pas à grand chose. »
Non, ça ne peut pas être lui, ça ne peut être…
« Ottheinrich ! Mais tu es mort ! »
Entendre sa voix me fit un choc. Selon Sanchez, il avait été abattu, et je pensais l’avoir perdu…
« Moi ? Non. Par contre toi tu devrais l’être. »
Il se tenait à présent debout, à l’autre bout de la pièce, me dévisageant d’une façon que je ne m’expliquais pas. Pourtant c’était bien lui, celui qu’on avait surnommé le ’’gringalet’’ à cause de sa carrure moins imposante que les nôtres. Avec soixante kilos pour un mètre soixante-dix il impressionnait moins, mais son visage ferme et décidé surplombé d’une tignasse brune, ses yeux verts qui faisaient transparaître son professionnalisme et sa façon de tout faire avec une extrême précision forçait le respect. C’est pourquoi le fait d’entendre ces mots de sa bouche me surprit.
« Comment ça ? Qu’est ce que ça veut dire ? le questionnais-je.
- Ca veut dire que Iouri aurait dû te tuer.
- Mais, de quoi tu parles ?
- La grenade lancée à ton encontre n’a pas été dégoupillée par un ennemi, dit-il d’un air omniscient. Mais ça importe peu maintenant que tu es à ma merci, je vais finir le travail du Ruskov. »
Alors ça veut dire que j’ai été trahi par mon équipe ? Non, je ne peux pas le croire… Pourtant le Desert Eagle pointé dans ma direction semblait vouloir dire le contraire.
« Crève ! »
Mes réflexes me sauvèrent la vie. Sans savoir pourquoi, je fis un bond pour atterrir derrière les lits à ma droite, me permettant ainsi d’éviter la balle. C’est alors que je réalisais mon erreur.
« Tu as eu de la chance, le faisceau laser réfléchi par les miroirs couvre pratiquement toute la pièce. Au moindre geste tu risques d’exploser ! »
Je ne pouvais que le croire, connaissant son haut niveau en maniement d’explosifs.
« Mais si la salle explose, tu y passes aussi.
- Pour qui me prends-tu, répliqua-t-il, les charges sont placées de ton côté de la salle, et leur puissance n’est pas assez élevée pour réduire ce bâtiment en cendre.
- Ok, mais toi non plus tu ne peux pas bouger.
- Faux, je sais où se trouvent les faisceaux, et imaginons que j’en coupe un, c’est toi qui exploses, pas moi. »
Le connard, il a réponse, à tout. Pas à dire, c’est un pro le con. Mais y a quelque chose qui cloche.
« Dis moi, s’il te suffit d’avancer pour en finir avec moi, pourquoi tu ne le fais pas ?
- Bien, je vois que tu sais réfléchir. Vois-tu, on a été attaqué y a même pas dix minutes. Vu que tu étais notre leader, tu sais peut-être quelque chose que nous ignorons. Attention, ta vie dépend de ta réponse.
- Donc tu veux que je te balance tout ce que je sais.
- C’est ça, t’as tout compris. »
Bien, tant qu’il croit que je sais quelque chose, il ne va pas me tuer. Par contre, après lui avoir dit cette chose que de toute façon je ne connais pas, rien ne l’empêchera de me faire la peau. Je commence à en avoir marre des situations désastreuses…
« Ok, je vous avais pas tout dit dans le briefing. » Tout en parlant, je me levais et m’installais à l’endroit où j’étais lorsque Ottheinrich était apparu. Son visage ne cillait pas, cela voulait certainement dire que je ne m’approchais pas du faisceau. « Pour le rapatriement une seconde équipe devait nous épauler. »
Pas très crédible, mais je n’avais rien trouvé d’autre. Toutes mes ressources allaient à un moyen de me sortir de là.
Le génie ne se trouvait qu’à sept mètres de moi, une distance que je pouvais aisément parcourir avant qu’il n’ait eu le temps de dégainer. Mais il tenait déjà son flingue braqué sur moi, ce qui annulait cet avantage. Si seulement il pouvait le relever un peu plus, il aurait à rectifier sa visée pour me toucher et ça me laisserait le temps de le mettre KO. Si j’arrive à le faire, je serais suffisamment loin pour éviter le souffle de l’explosion.
« Une seconde équipe tu dis. Ils font parti de FOX HOUND aussi ? Leur nom ?
- Si vous les avez fouillés, vous avez dû remarquer quelque chose d’anormal, non ? »
Lui faire stimuler le centre mémoriel. Il se trouve dans la partie inférieure gauche du cerveau. Lorsqu’on veut se rappeler de quelque chose, les yeux se dirigent automatiquement vers cette région là. Cela crée une perte d’attention et avec un peu de chance…
« Non, rien en particulier, de quoi tu … »
Maintenant ! Le temps qu’il comprenne ce que j’avais en tête, je me trouvais déjà à vingt centimètres de lui. J’empoignais son arme, mis mon pied droit derrière sa jambe gauche mais je n’eus pas le temps de finir ma prise que les charges explosèrent derrière mon dos. Ottheinrich fut aveuglé et cessa de résister. Je n’eus pas le temps de modérer ma force et le canon de son Pistolet se trouva plaqué sur sa mâchoire. Le coup parti tout seul, propulsant sa cervelle aux quatre coins du dortoir et sur mon visage. Craignant d’autres explosions, je pris la porte la plus proche pour me retrouver dehors, entouré de terroristes.
C’est foutu, je suis grillé.
L’un d’eux s’approcha de moi pour m’adresser la parole, d’un ton autoritaire :
« Qu’est ce qui s’est passé là-dedans ?
- L, l’intrus est à l’intérieur, …il, il…, il a eu le temps de tuer l’un des nôtres avant d’exploser, répondis-je, l’air hagard. Je …
- Ca va, j’ai compris. Va dans le bâtiment E01 et fait ton rapport… Et prend une douche avant d’aller voir le commandant.
- B, Bien. »
J’avais répondu sans réfléchir, Heureusement que ce gars m’avait pris pour un de ses hommes, grâce à l’uniforme que je portais. Et choqué comme je l’étais ma tête devait parfaire le tout. Pour rester crédible je me dirigeais vers les deux grands bâtiments principaux, pendant qu’ils investissaient les restes du dortoir. Peut être que l’un d’eux était le fameux E01 où siégeait le ’’commandant’’.
Est-il possible que ce soit Gurluskovitch ? Mais où diable ai-je donc déjà entendu ce nom. Mes pensés furent coupées court par une poigne m’étranglant et un canon de revolver braqué au creux de mes reins.

jesuislenain

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