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The Twin Nikolaï
- Chapitre 1
-
(Fanfic par jesuislenain)

L’échec n’est pas permis, la retraite n’est pas envisageable.

« Que tiempo de mierda ! »
C’est vrai que la pluie était forte, et le vent n’arrangeait rien. Au contraire, il ballottait l’hélicoptère et chaque rafale manquait de projeter l’Unité FOX contre la falaise.
Je regardais à travers le hublot pour n’apercevoir que les turboréacteurs de l’engin. Il faisait nuit et avec les trombes d’eau qui tombaient je ne pouvais voir plus loin que la cime des arbres, directement à notre verticale, balancée selon un rythme régulier. L’humidité poisseuse nous parvenait jusque dans la carlingue de l’appareil et nos combinaisons collaient au corps. Cette sensation désagréable d’être piégé dans un filet de pêche n’arrangeais en rien notre humeur.
« Me amuermo, et dire qué c’est notre première mission… »
Cette fois-ci, c’était un mouvement de libération quelconque qui avait décidé de se faire entendre. Pourquoi pas ? Mais le problème venait du fait qu’ils avaient pris en otage des ingénieurs anglais, et que ceux-ci étaient assez importants pour que les grands de ce monde envoient quelqu’un s’assurer de leur retour.
« Et qui s’y colle ? Nous, évidemment. Mierda ! Y en a plein d’autres des gars capables d’investir une raffinerie ! »
Les terroristes n’avaient rien trouvé de mieux que de se barricader dans une raffinerie paumée au fin fond du Costa Rica. Y a mieux comme forteresse quand même… Ma foi, c’est pas donné à tout le monde de réfléchir, faut croire que certains ne sont même pas équipés pour…
« Kurose ! Tu vas pas te plaindre d’avoir du boulot, après t’être fait entuber par les gars du SAS ! »
FOX HOUND avait été créé il y a deux ans dans le but de recruter les meilleurs soldats afin qu’ils puissent unir leurs forces pour intervenir n’importe où dans le monde pour n’importe quel type de mission. Le problème : aucun pays n’avait reconnu cette unité, préférant laver leur linge sale en famille. La dernière débâcle en date était un braquage manqué dans cette bijouterie huppée en plein Londres. On était posté juste en face, prêts à intervenir dès le déclenchement de l’alarme mais ces foutus rosbifs ont tenus à tout faire eux-mêmes. Résultat : ils sont intervenus après trois jours passés à négocier vainement pour finalement perdre deux de leurs hommes dans l’assaut. Les boulets !
« T’appelles ça un travail ? Mierda, on est en Papouasie Mineure là ! »
C’est vrai que le Costa Rica c’est pas la porte d’à coté, mais au moins quelqu’un nous a fait confiance, et cette personne va nous permettre de redorer notre blason. Bon d’accord, leur gouvernement est pourri jusqu’à la moelle, mais on a pas le choix, c’est ça ou la suppression de l’organisation.
« Focalise toi sur les aspects positifs. Après la mission, on ira à la plage draguer les belles latinos et …
- Avec cette putain de pluie ? Es loco !
- T’es vraiment chiant à toujours …
- Sanchez, Takashi, VOS GUEULES ! »
Toujours à se disputer ces deux là… Heureusement ce n’était pas le cas des autres. Mais bon, ils avaient ça dans le sang. Sanchez le sniper latino et Takashi l’espion asiatique. Sa spécialité c’était les ’’sneaking missions’’, presque aussi bon que moi. Mais il ne serait rien sans les tuyaux de Ottheinrich, notre génie logistique spécialisé dans la confection et la pose d’explosifs. Et puis pour le soutient lourd, on avait toujours nos deux mitrailleurs Lacroix et Iouri pour ratisser la zone ; évidemment on était tous capable de manier les fusils automatiques et autres SMG, mais on avait tous nos spécialités. Personnellement je me débrouillais en CQC -Close Quarter Combat-, parfait pour les missions d’infiltrations.
Notre équipement était assez simple : Couteau, jumelles et radio avec la fréquence du HQ mémorisée pour tout le monde. Takashi avait un P99 avec une MP-10, équipés tout deux de silencieux. Pour les mitrailleurs on avait opté pour une M249 chacun, des rations pour deux personnes pour trois jours, on ne sait jamais, et un Taurus PT92. Ottheinrich embarquait son sempiternel Desert Eagle (même s’il n’avait jamais eu à s’en servir jusque là, quelque soit l’unité à laquelle il ait été affectée), un P90 avec visée laser et tout son barda d’explosifs, sans oublier ses rations. Sanchez lui n’avait qu’une seule arme : son Magnum. Il n’acceptait de tirer qu’avec lui, même en combat rapproché et j’avais eu un mal fou à le convaincre de prendre sa part de rations. C’était cette arme que lui avait donné le Colonel, l’homme à la tête de Fox Hound, et depuis il ne l’avait jamais quitté.
Enfin, je m’étais procuré un SOCOM silencieux avec une MP-10, tout comme Takashi. La seule chose qui nous différenciait était ma machette qui ne me quittait plus depuis qu’elle m’avait sauvée la vie, cette nuit là…
En revanche, nos Night Vision Google étaient restées à l’héliport. Les hommes chargés d’embarquer l’équipement dans l’appareil avaient tout simplement oublié une caisse, celle qui contenait les NVG. J’avais du faire preuve d’une immense maîtrise de moi-même pour ne pas passer mes nerfs sur le pilote lorsque j’avais remarqué leurs absence. Mais je préférais me réserver pour les rampants.
Quoi qu’il en soit, nous avions carte blanche pour cette mission. Le gouvernement n’était pas censé être au courant du lieux de la prise d’otage, et pour ne pas éveiller les soupçons des terroristes, ils n’avaient même pas envoyé l’armée. C’était étrange de leur part, jamais ils ne s’étaient souciés du sort des otages jusqu’à maintenant. Mais les ingénieurs devaient être très précieux et les pressions des gouvernements devaient avoir été en conséquence.
« On a atteint le PNR, nous informa le pilote.
-Sùper, maintenant s’il nous arrive une merde, on aura même plus assez de carburant pour rentrer a la casa.
- Sanchez, la ferme ! »
Il est en train de se mettre l’équipe à dos, même Lacroix en a marre.
« Bon, on récapitule. » Fallait que je les empêche de s’étriper. « On va être parachuté à deux kilomètres et cinq cent mètres de la raffinerie à 0000. On se déplacera à pied en formation serrée, les mitrailleurs sur les flancs, Lacroix à gauche et Iouri à droite ; Takashi au devant, tu détectes les éventuelles cibles et les pièges. Je m’occupe de vos arrières. Sanchez et Ottheinrich, vous nous suivrez cinq cent mètres en retrait pour avoir une couverture sniper. On avancera en saut de puce de cinq cent mètres. Une fois parcouru cette distance, on campe et Sanchez tu nous rejoins. A la base, on improvisera. Ce qui est sûr, c’est que nous avons trois jours d’autonomie et que la cavalerie n’attendra pas plus. Ils nous attendront au point REPLY, à cinq kilomètres NNW de la raffinerie. Durant la mission, vous aurez des noms de code. Sanchez, tu seras S1. Ottheinrich, ce sera I1. Lacroix et Iouri vous serez M1 et M2. Quant à Takashi et moi-même vous nous appellerez E1 et E2. Compris ? »
Hochement de tête de toute l’équipe. Y a pas à dire, de vrais pros, toujours sérieux lorsqu’il s’agit de la mission.
« On est arrivé au DZ. Je pourrais pas maintenir l’altitude indéfiniment, dépêchez-vous de sauter ! »
« Sauter ? » Mais il est con ou quoi ce pilote, avec ce vent ?
« Négatif, on descend en rappel ! Les gars, vous avez trente secondes pour vous préparer ! »
Il ne leur en fallait pas dix et à peine plus pour descendre à terre. Evidemment, Sanchez râlait.
« Plus jamais ça ! Il fait nuit, il pleut, il fait froid et on nous balance d’un hélico à plus de cinquante mètres du sol SANS PARACHUTES !
- C’est pas parce que tu détestes ça que je te permets de gueuler, répliquais-je. Lancement de l’opération de sauvetage. On se déplace comme prévu : Sanchez et Ottheinrich vous restez en contact radio. Pas un bruit pendant la marche, pas un coup de feu sans ma permission. Compris ? »
Evidemment ils le savaient tous, mais les chefs ont des obligations…

Sur les deux premiers kilomètres, tout se passa bien. L’obscurité nous permettait de nous déplacer sans être vus mais sans NVG nous n’y voyons pratiquement rien nous non plus. La seule consolation que nous avions était que les terroristes ne disposaient pas d’un tel matériel, auquel cas nous n’aurions aucune chance contre eux.
On avançais donc plus lentement que prévu, en faisant attention à tout ce qui se passait autours de nous. Alors que on avait parcouru les avant derniers cinq cent mètres, j’ordonnais à mes hommes de prendre place pour couvrir Sanchez et Ottheinrich :
« S1, fin du saut. Tu nous rejoins.
- Bien compris. RAS. Over. »
Parfait, les gars étaient bien planqués, près à défendre notre zone pas plus grande qu’un terrain de foot.
« E2, toujours pas de raffinerie en vue ?
- Négatif, même pas de fumée ou de lumière. Vous êtes sûrs que c’est devant ?
- Affirmatif, le Colonel les a approuvées. Plus qu’un saut et on y est. »
Tout à coup une rafale de Kalachnikov ébranla le silence.
« Rapports !
- M1, RAS.
- M2, j’ai rien vu.
- Ici E1, y a rien devant. C’est pas un des nôtres qui tire.
- Merde, d’où ça vient ? » Aux autres : « On ne bouge pas, tenez vos positions et cherchez une cible de visu. »
Les tirs reprirent et l’Unité Fox ne put qu’entendre ce qui semblait être un feu nourri sans réciprocité. Soudain, parmi le fracas des AK-47, une détonation sourde se fit entendre.
« C’est le Magnum de Sanchez ! »
- Qui parle ? » Et les codes bordel !
- M2. Je l’ai vu, il n’a pas utilisé son pare-flamme !
- Quelle est sa position ?
- A cinq heures, environ trois cent mètres.
- Roger. » « S1, ici E1, tu me reçois ? S1 ! Répondez !
- Ici S1, c’est pas trop tôt que vous m’appelez, ma radio est foutue, impossible de vous joindre.
- Bilan de la situation S1.
- Putain, ça tire de tous les cotés ! J’en vois aucun, et ils ont eu Ottheinrich ! Venez me sortir de là joder !
- On arrive S1, tiens bon ! » A l’équipe. « On y va les gars, M1 et 2, au front. E2, tu t’occupes du flanc droit, je prends le gauche. Go go go ! »
On allait pas le laisser crever sans rien faire, il était inadmissible qu’un de mes gars meure sous mon commandement.
Après avoir parcouru seulement vingt mètres, les tirs cessèrent. Il fut impossible de recontacter les membres de l’équipe de soutien. Ils furent déclarés morts au combat :
« A toutes les unités, on arrête la poursuite.
- Ici M2, négatif. On va pas les laisser là-bas !
- On a plus de réponses, inutile de risquer nos vies pour des morts.
- M1 qui parle, on a aucune preuve de leur mort !
- Qui est le chef ici ? OBEISSEZ SOLDATS ! » J’avais hurlé ce dernier ordre dans mon micro, plus par dépit que par colère.
« E2, on fait quoi alors ? dit-il de sa voix posée.
- On est entre l’ennemi et la raffinerie. Ils passeront forcément par-là pour rejoindre le bercail. On campe et on les cueille, compris ?
- Ici M1, je désapprouve cette attitude de lâche !
- Je ne te demande pas d’approuver mais d’obéir aux ordres !
- Va te faire voir, je suis ton plan. Mais une fois que tout ça sera terminé, t’entendra parler de moi.
- Commence par finir cette mission et on verra après. »
Merde, j’ai l’équipe sur le dos maintenant… mais j’ai pas le choix, je peux pas risquer leur vie inutilement. Deux hommes en moins c’est déjà trop, ça va être plus dur que prévu de sauver ces foutus ingénieurs. Mais il est hors de question d’abandonner, c’est notre première sortie, on peut pas se permettre de la foutre en l’air. L’échec n’est pas permis, la retraite n’est pas envisageable. Dire que je râlais contre les gars du SAS… Eux ils n’ont perdu leurs deux hommes qu’à la fin de l’intervention, alors que moi je compte déjà 33% de pertes sans que celle-ci ait vraiment commencé. Et avec cette foutu embuscade, on va perdre au moins trois heures sur le planning. Fait chier !
« Ici M1, il y a du mouvement devant.
- Roger, attends mon signal pour tirer. » On allait enfin pouvoir savoir à qui on avait affaire. Et on allait surtout pouvoir botter le cul de ces enfoirés qui avaient eu Sanchez et Ottheinrich.

J’entendis le cri de mon coéquipier plus fort que sa retranscription dans la radio.
« GRENADE !!! »
Une détonation, et puis plus rien…

jesuislenain

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