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R e s i d e n t D é b i l e
Interview du réalisateur :
UMG> Bonjour Laurent, pourriez-vous vous présenter ?
Laurent> Je m'appelle Laurent Coiffic, j'ai actuellement 25 ans et c'est mon amour des jeux vidéos qui m'ont conduits à réaliser ces films. Sinon j'ai une autre passion, c'est le Keno! lol
UMG> D'où vous est venue l'idée de vous lancer dans un tel projet ?
Laurent> J'étais sur la mauvaise pente de l'alcoolisme à ce moment là... Les drogues dures étaient le prochain stade et là Vlad (ndlr : l'acteur qui joue Snake) a su trouver les mots pour me convaincre de sortir de cet enfer. Non… j'ai tout simplement toujours aimé raconter des histoires et l'inspiration est venue d'une partie de Resident Evil un soir avec 2 amis. C'est surtout la réflexion de Barry : "A dining room..." qui nous a fait planer!... Ca peut paraître tout con mais le ton sérieux et mystérieux, quasi solennel de la phrase nous a fait délirer au point de mimer tous les mouvements typiques du jeu (courir en se cognant au mur, pousser des meubles...) dans la pièce !
UMG> Quelle a été la tâche la plus difficile dans la réalisation de vos films ?
Laurent > Arriver à réunir tous les acteurs au même moment au même endroit, car chacun a ses obligations personnelles et elles ne sont pas toujours compatibles avec celles des autres.
UMG > Et d'un point de vue technique ?
Laurent > Etre synchro avec les moments forts de la musique, puisqu'elle n'a pas été composée pour le film. Il a donc fallu monter les images sur la musique et placer les plans importants sur les montées en force ce qui n'a pas toujours été évident.
UMG > Avez-vous été amené à financer des parties des film de votre poche ?
Laurent > Oui, on a tout mis quand il y avait besoin (à tous les niveaux : costumes…)
UMG > Vous avez donc essayé de faire au maximum avec ce que vous aviez chacun mais ça ne suffit évidemment pas.
Laurent > Effectivement, on n'est pas assez riches et il faut toujours compléter par quelque chose.
UMG > Pour un résultat très bon d'ailleurs, félicitation.
Laurent > Merci.
UMG> Qu'est-ce qui vous a poussé à faire presser votre film sur dvd ? Cela représente un risque financier, non ?
Laurent > Envie d'imiter un vrai film jusqu'au bout ! Et puis être aussi les premiers amateurs à faire presser un DVD.
C'est un risque mais tout dépend de la quantité que l'on fait presser ! Si l'on en fait 12000 exemplaires c'est un risque énorme, il faut savoir rester à son niveau.
UMG> Est-ce que pour RD1 les gens ont pris votre projet au sérieux ?
Laurent > Au début certains des acteurs, avec qui je tournais déjà au lycée, ont pensé, pendant qu'on tournait RD, que le résultat serait proche de ce qu'on faisait auparavant, monté sur magnétoscope VHS. Ils ont donc été très surpris par le résultat, surtout qu'on avait fait ce film pour s'amuser.
Pour l'extérieur, les gens ont forcément prit le projet au sérieux étant donné qu'ils ont eu un produit fini entre les mains : DVD pressé etc.. Et certains ont même pensé qu'on était des pros, ce qui était plutôt flatteur pour l'équipe. Bien sûr la plupart réalise qu'on s'est bien marré sur le tournage.
UMG> C'est vrai que vous semblez avoir tout fait pour que ça paraisse comme un produit pro mais chaleureux
Laurent > Ce qu'on aime c'est être proches de notre public.
UMG > Quel a été selon vous le potentiel que dégageait votre projet ?
Laurent > Je crois que l'originalité principale de Resident Debile au moment où il est sorti, était d'être basé avant tout sur les dialogues, le montage et le cadrage avant d'être basé sur les effets spéciaux numériques.
UMG > Mais l'alliance des 2 donne RD2 pour un résultat meilleur ? ou différent ?
Laurent > RD2 est clairement supérieur au niveau de l'image, j'ai surtout voulu travailler la mise en scène et le scénario que je trouvais un peu légers dans Resident Debile. Je voulais aussi faire quelque chose de plus proche des films d'actions américains et faire donc quelque chose d'aspect plus sérieux même si l'histoire en elle-même reste très débile et ne fait que reprendre une série de clichés de films américains. Sur le plan humoristique le film n'a plus grand chose à voir avec son aîné : il est beaucoup plus sérieux et moins premier degré. Il prépare le 3 qui alliera une réalisation proche du 2 avec l'humour original de la série.
UMG > RD3 est donc votre prochain projet, comment l'envisagez-vous ?
Laurent > Comme étant plus difficile que RD2 car les acteurs sont très disséminés dans toute la France ! Pour ce qui est de la technique je voudrais que les cadrages et le montage soient de meilleure qualité. Certains effets spéciaux (maquillage) vont demander une collaboration avec d'autres personnes et je ne sais pas encore qui. Il faut donc des personnes de confiance et qui fassent un travail de qualité (toutes proportions gardées bien sûr). Pour l'instant je n'en dis pas plus je veux que le dénouement reste une surprise ! (ndlr : RD est donc une trilogie)
UMG > Vous me parlez de collaboration avec d'autres corps de métiers pour le film. Justement, est-ce que RD1 vous a permit d'améliorer le 2 dans ces circonstances ? Est-ce que du monde s'est joint à vous ?
Laurent > Oui du monde s'est joint a nous : l'acteur de Revolver Ocelot (ndlr : un acteur qui joue souvent des seconds rôles à la télé), l'actrice de Meryl, une personne qui m'a conseillé pour les effets spéciaux mais qui n'a malheureusement pas pu bosser dessus finalement.
J'ai tout de même essayé de réduire les nouveaux venus aux maximum car je préfère prendre des gens que je connais bien avec moi. Et il y a aussi le fait que je ne veuille pas faire venir quelqu’un de loin pour tourner 2 heures – question de correction ! (Une personne m’a proposé de venir de Nancy mais je préfèrerais le faire venir pour quelque chose qui vaille le coup !)
UMG> Quelles ont été vos influences en tant que réalisateur du film ?
Laurent > John Woo et son monteur David Wu. David Fincher aussi et Mamoru Oshii même si ça ne se voit pas du tout. Hideo Kojima pour son art de la mise en scène. Beaucoup d’autres encore mais on ne va pas tous les citer !
UMG> J'ai entendu dire que vous aviez utilisé un effet pellicule pour votre film. Je ne comprends pas ce terme plutôt technique. Pourriez-vous nous l'expliquer davantage ?
Laurent > Oui, j'ai « gonflé » l'image DV en format pellicule par un effet spécial numérique. Car l'image caméscope est trop nette à la base et donne un aspect film de cul au film si on ne la traite pas. Mais la version diffusée sur mouviz est une ancienne version et ne l'a donc pas. L'effet est beaucoup mieux réalisé dans le 2.
UMG > Pourquoi restez-vous derrière la caméra ? Ce n'est pas la tâche d'un réalisateur de cadrer !
Laurent > J'ai besoin de tenir la caméra pour savoir ce qui se filme, je n'aime pas la confier aux autres. De plus, je considère que le cadrage, le montage et la mise en scène (qu’il y ait des personnages ou non) sont les 3 éléments qui définissent la base d’une œuvre cinématographique. Si je passais ces rôles à quelqu’un d’autre, j’aurais l’impression que ce ne serait plus mon film. Pour le reste, le film appartient aussi à l’équipe entière, chacun y tenant un rôle particulier.
UMG > Apparaissez-vous dans vos films ?
Laurent > Dans RD oui, je joue le rôle d'un des Viêt-Cong qui tire sur St John, mais on ne me voit pas dans RD2.
UMG > Vous faites aussi la voix de Snake. Elle est très bien, mais, pourquoi ?
Laurent > Vlad était à Lyon et il n'aime pas sa voix. Il s'exclame toujours à la fin des phrases "je joue maleuh !".
UMG > Quelles sont vos scène préférées de RD1 et 2 ?
Laurent > Pour RD : Quand Wesker, Spring, Jill, Barry, Murray se mettent à courir dans tous les sens dans la forêt enchaîné avec le premier flashback au Vietnam et le final.
Pour RD2 : La première scène de narration, la poursuite avec Death Wind et le meurtre de Laure Olivier. Et quasiment toute la partie au fort de Niolon (Fort Kraken dans le film).
UMG > Question bonus dvd pour le 2, quel est son contenu ?
Laurent > 7 scènes coupées, le bêtisier, les bandes annonces et un sketch du nouveau spectacle de one man show de Cyril.
UMG > Comment avez vous présenté votre premier film au public ?
Laurent > Comme un film amateur et un délire entre potes. Mais aucune projection publique dans les conventions, j'ai juste tenu des stands. En revanche, le film a été diffusé sur Game One (ndlr : la chaîne télé de jeux vidéo).
UMG > Vous avez présenté RD2 au public au Japan Expo ? Comment a t'il été accueilli ?
Laurent > On l'a vendu sur le stand mais RD2 n'a eu encore aucune diffusion publique pour le moment. Sur les conventions type Japan Expo la durée limite est de 40 minutes pour être diffusés. RD2 dure 70 minutes.
UMG > Avez-vous eu des échos des personnes qui se sont acquis du film ?
Laurent > Quelques mails de félicitations et certaines personnes qui revenaient au stand pour nous congratuler, mais nous sommes en période de vacances et pour l'instant on n' a pas beaucoup de retour. En tout cas ça fait toujours plaisir !!
UMG > D'autres évènements à venir ?
Laurent > J'ai discuté avec l'organisateur potentiel de la seconde nuit du film amateur.
C'est une nuit consacrée à la diffusion de films amateurs sur Game One. Une première édition avait été organisée en 2001 au cours de laquelle l'ancienne version de Resident Debile avait été diffusée intégralement. Une seconde édition est en projet d'organisation. RD2 y serait également diffusé (mais je ne sais pas encore si ça serait intégralement ou des extraits) mais pour l’instant, rien n’est sûr !
UMG > Avez-vous en tête d'autres projets pour la suite ?
Laurent > On a un projet en parallèle de RD3. Une adaptation de City Hunter (le dessin animé Nicky Larson). Nous en avons seulement écrit le scénario.
UMG > C'est déjà une belle avancée !
UMG > Sur votre site Internet on peut lire que vous avez suivi des experts du paranormal. Est-ce vrai ?
Laurent> C'est un projet que l'équipe tient à garder secret pour le moment ! Tout ce qu'on peut dire c'est qu'il s'agit d'un reportage.
UMG > Un grand merci pour le temps accordé à UMG et surtout bravo et bonne continuation pour vos projets en cours et à venir.
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