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- Chapter 2
-
(Fanfic par Idaho7777)

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« … le survivant est condamné à errer d’un champ de bataille à un autre, sans jamais pouvoir trouver la paix… »

Un an déjà avait passé depuis cette abominable nuit de Noël, mais Dave ne pouvait oublier les derniers mots de celui qui avait été comme un père pour lui. Il ne pouvait pas non plus effacer de sa mémoire la mort de son unique ami, qu’il avait lui aussi tué de ses mains. D’une humeur maussade, il sorti dans la nuit froide.

Infirmier : «  Docteur Clark, tout est prêt. Les tests que vous avez demandés ont été effectués. Le rapport complet se trouve dans ce carnet. Partant de là, nous avons préparé le corps comme vous l’aviez demandé et l’avons inséré dans l’exosquelette qui nous a été livré. Nous attendons vos ordres. »

Le scientifique examina longuement la liasse de papier remise par son assistant. Un rictus mauvais se dessinait sur ses lèvres, au fur et a mesure de son avancement.

Docteur Clark : « Excellent. Après les trois échecs que nous avons essuyés, ce test sera le dernier. Toute la suite du programme dépend de la réussite de l’opération. Mais celle-ci s’annonce sous les meilleurs auspices… »

Seul, il ne se sentait libre que pendant ces rares instants passés en compagnie de ses chiens. Après toutes les horreurs dont il avait été la victime ou l’auteur, le silence de l’Alaska et la blancheur immaculée du paysage lui faisaient oublier tous ses soucis. Un seul restait encore vif à son esprit : Celui de Gray Fox. Il ne l’avait vu que peu de temps, lors de l’opération à Outer Heaven, mais un lien véritable s’était forgé entre eux, par delà même la notion de sentiment. Fox était pour lui un exemple à suivre, une idole, un peu comme le frère qu’il n’avait jamais eu… Snake était pourtant rompu à la solitude, à cause de son enfance difficile : Changer de famille tous les six mois, sans jamais rien savoir sur son véritable passé, l’avait endurci. Mais la défection d’un homme sincère et droit comme Fox l’avait profondément meurtri. C’est pourquoi il s’était retiré loin des hommes.

Malgré l’assurance qu’il avait laissée transparaître quelques minutes plus tôt, le Dr Clark était à présent anxieux. L’énorme console de commande qui s’étalait devant lui était affublée de toutes parts d’écrans de contrôle et d’indications en tout genres. De longues minutes s’écoulèrent encore pendant lesquelles il vérifia minutieusement les paramètres les uns après les autres. Il transpirait maintenant à grosses gouttes et était contraint d’essuyer sans cesse son front avec la manche de sa blouse blanche. Le scientifique n’avait maintenant plus le droit à l’erreur et il le savait. Soudainement, il se redressa et le silence se fit parmis ses assistants. Le temps semblait s’être arrêté quelques secondes lorsqu’il posa la main sur la manette.

Dave n’avait gardé aucun lien avec sa vie passée. Il ne voulait plus être l’ « homme qui rend l’impossible, possible », l’homme à tout faire de Fox-Hound. L’argent amassé lors de ses années de mercenariat lui avait permis d’acheter une petite baraque ainsi qu’un attelage de chiens de traîneau en Alaska. Ne connaissant pas son identité propre, il avait pris le nom d’Iroquois Pliskin, afin de disparaître de la circulation. Seul le colonel saurait le retrouver, et de toute façon, personne d’autre n’avait besoin de lui. Il avait appris à ne faire confiance en personne, donc personne n’avait à compter sur lui non plus.

Dr Clark : «L’opération « Relieve the Fox » peut maintenant commencer. » annonça-t-il de sa voix forte alors qu’il tirait à lui la poignée. Toutes sortes de fioles multicolores se vidèrent successivement de leur contenu alors que les indicateurs s’affolaient dans tout les sens. Le docteur procédait à quelques ajustements en court de manipulation afin de parfaire les réglages. Un écran d’ordinateur permettait de suivre l’avancement du processus. Celui-ci était maintenant achevé à 95%, lorsqu’un coup de tonnerre magistral éclata sur le toit du laboratoire. Un grondement énorme se fit entendre, puis ce fut la panique. Un éclair zébra la salle, tandis que les vitres et les moniteurs éclatèrent, suite à une violente décharge d’électricité statique. La salle entière fut plongée dans le noir alors que la pluie battante s’engouffrait à travers les trous béants qui remplaçaient les fenêtres. Le Docteur Clark maudissait les éléments et jurait tant et plus, lorsque, quelques secondes plus tard, les groupes électrogènes se mirent en marchent. La lumière revenue, il s’approcha enfin du caisson contenant l’assemblage mi-humain, mi-machine. Le corps, inerte il y a quelques minutes encore, était à présent parcouru de soubresauts désordonnés, signe que l’opération avait réussie. Le scientifique partit alors d’un grand éclat de rire. Un rire que l’on aurait cru celui d’un dément. Il marmonna quelques mots dans sa barbe « Parfait, le travail va bientôt pouvoir vraiment commencer… Après les quelques tests qui me seront nécessaires, je pourrais décongeler le spécimen autrement plus précieux que je garde au frigo… », puis il invectiva ses assistants, eux aussi éberlués du résultat, afin de se remettre au travail. 

Les huskies jappaient d’excitation lorsqu’il les attacha au traîneau. Quelques minutes plus tard, l’attelage glissait à vive allure sur la neige. Le vent fouettait son visage en une gifle continuelle et cinglante. Le froid était mordant, mais Dave était réellement ivre de joie. Grisé par la vitesse, il était véritablement en osmose avec la nature et avec ses chiens. Tout ceci, auquel on pouvait ajouter la beauté du paysage éclairé par l’éclat lunaire lui inspirait une paix sans égale. Maintenant qu’il avait fuit la technologie, la simplicité de la nature ne cessait de l’intriguer, et de lui inspirer le respect. De longues minutes s’écoulèrent de la même manière, puis le jour commençant à poindre, il avait arrêté son traîneau. La lumière apparut progressivement, de manière diffuse au début. Puis brusquement, le ciel et la banquise s’embrasèrent. Le soleil se levait, illuminant le tout d’une lumière ocre. Tous les tons de rouges, d’orangé et de jaune se mêlaient à la fois dans les cieux et sur la glace en une féerie indescriptible. Ce n’était pas le premier levé de soleil auquel il assistait, pourtant il le voyait toujours avec des yeux d’enfants : La naissance d’un nouveau jour et le retour de la vie après les cauchemars nocturnes. En même temps que la douce chaleur solaire l’atteignait, un énorme sourire se mit à rayonner sur son visage, et ses dernières pensées obscures s’envolèrent elles aussi, comme par enchantement.

« Finalement, la journée ne commence pas si mal que ça » remarqua-t-il pour lui-même, alors qu’il lançait ses chiens en direction du camp aléoute.

Quelques semaines étaient passées depuis le début de l’opération, mais le résultat n’était pas aussi brillant qu’au premier abord. Bien sûr, ils avaient redonné naissance à un corps. La vie avait été insufflée dans chacune des cellules de Frank Jaeger. Pourtant, celui-ci ne se souvenait de rien. Il avait passé plusieurs jours dans un état pitoyable avant d’enfin ouvrir les yeux. On ne pouvait lire que de la peurs dans ceux-ci, mais pas de forme humaine. Sa peur était réellement bestiale. Il ne parlait que de manière hachée et avec d’extrêmes difficultés. De ce que le Docteur Clark avait pu juger, Frank ne se rappelait plus de rien. Son passé avait été oblitéré durant son séjour entre les griffes de la mort.

La première rencontre de Snake avec les aléoutes n’avait pas été exempte d’accrochage. Il se rappelait encore de toute la scène :

Un après midi qu’il parcourait l’étendue glacée avec ses chiens, il avait aperçu un troupeau de caribous. Intrigué, il s’était approché, sans penser une seule seconde à son attelage. Les placides herbivores, apeurés par l’approche de la meute avaient détalés sans demander leur reste. C’est alors qu’un cri de fureur avait retenti.

« Bon sang, mais comment faut-il vous le dire ? , s’insurgea le Docteur Clark.  J’ai demandé des analyses sur notre spécimen il y a de cela trois heures, comment se fait-il qu’elles ne soient pas encore réalisés ? 

Infirmier : - Le fait est que ce genre de tests se pratique sur des cadavres en règle général. 

Dr Clark : - Et alors ? Où est le problème ? 

Infirmier : -Réaliser ce genre d’expérience sur un individu vivant est une expérience réellement traumatisante, vous ne vous rendez pas compte ! »

« Buft-jini-toa que ena ! »

Dave était alors descendu de son traîneau. A ce moment là il distingua les deux aléoutes qu’il n’avait pas remarqués jusqu’alors. Tout deux étaient armés de lances et Dave en déduisit qu’ils devaient être en train de chasser, et que son arrivée impromptue les avait dérangés au plus haut point. Le plus énervé des deux jeta sa lance à quelques mètres des pieds du fautif. Le colosse était vraiment impressionnant. Il mesurait plus de deux mètres et semblait bien décidé à en découdre. Dave se prépara à un combat physique, mais la réaction du géant le dérouta. En effet, celui-ci retira son bonnet. Et enjoignit Snake à faire de même. Celui-ci s’exécuta, de plus en plus troublé. « Cita tin-duk. » annonça alors le challenger. Snake haussa les épaules. Le langage aléoute lui était encore inconnu et il se demandait vraiment quelle conduite adopter. Devant l’incompréhension apparente de son interlocuteur, le colosse eût un petit rictus compatissant. « Cita tin-duk. » répéta son compagnon à l’attention de Snake. Et ce faisant, il pris son oreille entre deux doigts, et tira dessus. La masse de chair opina alors de la tête puis tendit la main vers Snake. N’ayant toujours pas compris où ils voulaient en venir et ne ressentant plus d’hostilité de la part du colosse, il le laissa faire. Quand l’énorme main lui prit le lobe de l’oreille, il comprit ce qu’on attendait de lui. A son tour il empoigna une oreille adverse.

Le scientifique partit alors d’un grand éclat de rire « Je me moque éperdument que cette expérience soit traumatisante ou non. Seuls les résultat m’importent ! Nous sommes à l’aube d’une grande découverte et sommes sur le point de révolutionner la vision de la génétique. Il me faudra encore effectuer bon nombre d’expériences traumatisantes sur ce cobaye, mais je ne suis pas à ça prêt… »

L’assistant recula de deux pas devant le regard glacial qu’arborait le docteur.

Le « combat » durait maintenant depuis plusieurs longues minutes. Tout d’abord décontenancé, Dave tirait l’oreille adverse avec autant de ferveur que son adversaire. Le froid mordant ne simplifiait en rien l’opération, puisque ses doigts commençaient à s’engourdir. De grosses gouttes suintaient du front des deux challengers. Les mâchoires crispées par l’effort et la douleur, les combattants se fixaient dans le blanc des yeux, cherchant une trace de faiblesse. Le colosse s’attendait à une victoire facile, mais l’endurance à laquelle il devait faire face l’impressionna grandement. Il partit alors d’un grand sourire et relâcha l’oreille qu’il persécutait depuis un bon moment, avant de poser sa main sur l’épaule de Dave, en signe d’amitié. « Al-tierie-kuk cou anie » lui lança-t-il en l’invitant à le suivre.

Ainsi il s’était lié d’amitié avec les membres du clan aléoute des environs.

« De plus, je me fiche complètement de vos états d’âme. Le projet est sous ma direction et il en sera fait selon mon bon vouloir. Vous n’êtes pas payé pour réfléchir non ? Alors contentez vous d’exécuter mes ordres ! acheva-t-il.

Infirmier : - Vous êtes un vrai malade ! Jamais je ne vous laisserais agir de la sorte. Je vais de ce pas en avertir le colonel ». Celui-ci n’était pas encore sorti de la pièce qu’une fléchette le cueilli au cou. Il se retourna juste à temps pour voir son chef ranger un pistolet lance fléchette dans sa poche. Il ouvrit la bouche pour parler, mais il était comme paralysé. Le curare avait fait son effet. Aucun de ses muscles ne répondait et il s’écroula sur le sol. Quelques secondes plus tard, sa respiration se bloqua à son tour. Lentement il s’étouffa et senti son cœur arrêter de battre. Sa vue se brouilla, et il perdu connaissance. Le docteur Clark fit débarrasser le corps par un auxiliaire qui passait par là, quelques minutes plus tard. Peu après, il s’empara du dossier de l’assistant sur lequel il annota les mots suivants : « Mort accidentelle. »

Idaho

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