Le recrutement
(Fanfic par Idaho7777)

Lire la version Word (.doc) : Cliquez ici.

Commandant : "Votre objectif est situé à 5 Kms du point de largage. Eliminez les trois cibles et mettez le feu à ce qui restera. Vous rejoindrez le camp de base par vos propres moyens. Parachutage dans 5 mn. "

"Je ne peux pas le faire !"
La porte claqua, puis l'on entendit une Jeep s'éloigner sur les chapeaux de roue. Aline le regarda partir dans la froide nuit canadienne.

Sept parachutes sombres s'étaient posés dans la nuit sans lune, et autant de silhouettes menaçantes convergèrent vers le sud.

Au volant de son véhicule, l'homme réfléchissait sur les années qui venaient de s'écouler. "Sacré bonne femme. Je sais bien qu'on a des problèmes de fric en ce moment. Malheureusement, même chez les forces spéciales, y'a des périodes de vaches maigres... Peut-être que j'aurais dû accepter ce job... Mais merde, si je le fais, je ne les reverrais pas avant un an. Bon sang, je ne suis pas un assassin !"

La gamine pleurait. Aline partit la voir en claudiquant. Cela faisait 2 ans qu'elle ne pouvait plus marcher normalement, suite à l'attentat au QG des forces spéciales. Elle avait fait partie des rares rescapée de cette immonde boucherie. Elle se rappelait encore le goût du sang ainsi que les corps de ses camarades, déchiquetés. Parmi eux, un couple avec qui elle avait passé ses diplômes pour entrer dans cette unité d'élite. Catherine était morte dans ses bras, les yeux ouverts. Aline avait passé des nuits d'angoisses, à se remémorer les derniers mots de l'agonisante, qui lui demandait de prendre soin de sa fille. Dans des circonstances moins tragiques, elle aurait pris la nouvelle avec joie, son compagnon étant stérile, mais là... A chaque fois qu'elle croisait le regard de la petite, elle ne voyait que les yeux de ses parents. Doucement, elle la berça contre elle, l'emmenant se calmer au salon, près du feu mourant dans la cheminée.

Cela faisait un moment qu'il s'était arrêté de rouler. Silhouette solitaire à la lisière de la forêt, il lançait son couteau de chasse encore et encore, inlassablement. Il n'aurait pas su dire depuis combien de temps il était là. Une entaille profonde marquait sa cible. Sa décision était prise : Il allait refuser ce job, et se rendrait dès le lendemain en ville pour trouver un emploi secondaire, afin d'occuper ses longues périodes d'inactivité, et d'arrondir ses fins de mois. Ainsi, ils pourraient continuer à vivre ensemble, tout les trois, heureux. Il jeta sa Lucky Strike dans la neige, et retourna à la jeep. A ce moment là, dans le lointain, un loup hurla à la mort.

Un bruit venant du dehors alerta soudain Aline. Les chiens s'étaient mis à aboyer sans raison apparente. Jetant un regard inquiet par la fenêtre, elle pu apercevoir les faisceaux de nombreuses lampes torches qui balayaient les contours de la maison. Une rafale de fusil d'assaut déchira soudain la nuit, mêlée de nombreux cris d'animaux blessés. En quelques secondes, les gémissements furent suivis d'un silence de mort. La maison fut entièrement plongée dans le noir et de violents coups furent portés à la porte. Paniquée, Aline avait récupérée l'arme de service de son compagnon. Elle était immobile, attentive, réellement troublée par le silence obsédant qui venait de s'imposer. La jeune femme enfila un vêtement chaud muni d'une poche ventrale dans laquelle elle installa Léa. « Ainsi, je pourrais m'échapper, tout en la protégeant. Mais qu'est-ce qui se passe ici ? ». Une odeur singulière lui monta aux narines, puis un bruit de verre brisé. Une explosion retentit, faisant trembler toute la maison, et projetant Aline sur les genoux. Une chaleur inhabituelle envahis la pièce, alors qu'elle se redressait. Une fumée opaque commençait à se dégager. « Une odeur de ... brûlé ? » En s'approchant d'une fenêtre, elle pu observer avec horreur les ombres dansantes sur la neige des flammes ravageant le rez-de-chaussée. Elle tenta de descendre l'escalier, mais le feu était déjà en train de consumer les premières marches. « Il n'y a plus qu'une chose à faire. Mais je ne dois pas manquer mon coup ! »

Une fenêtre s'ouvrit brusquement, et l'on pu distinguer une silhouette féminine s'élancer dans le vide, sans un cri.

Le bruit de la fenêtre avait attiré l'attention du soldat. Il braqua sa lampe au-dessus de lui, et n'eut pas le temps de comprendre ce qui se passait. Le corps de la jeune femme s'abattit sur lui, lui brisant la nuque dans un craquement sec. Aline se retint de crier de surprise, et de douleur, à cause de sa jambe boiteuse qui avait souffert un peu plus encore, lors de l'impact. Elle se remit debout avec peine, dans la neige fondue, aveuglée par la chaleur et la lumière dégagées par l'incendie. Elle partit, en s'appuyant sur la béquille qu'elle avait prise avec elle, en direction de la voiture. Une forme hostile se dressa devant elle. Elle eut tout juste le temps de porter la main à son pistolet, que l'homme avait tiré trois coups dans sa direction. Touchée au ventre et déséquilibrée en arrière, elle eut néanmoins le temps d'abattre son adversaire d'une balle en pleine tête. Allongée sur le dos, elle se rendit compte qu'elle ne ressentait pas de douleur trop intense. Pourtant elle était sûre d'avoir été touchée... Puis elle réalisa l'horreur, tandis que mourraient les derniers spasmes du corps collé contre elle. Les yeux pleins de larmes, elle baissa les yeux sur le corps de la petite fille. Elle n'avait pas encore tout à fait réalisé la mort de Léa qu'une main forte saisit ses longs cheveux bouclés pour les tirer en arrière. Une lueur brilla devant ses yeux, tandis que la lame traça un fin sillon rouge sur sa gorge. « D... » Elle voulu crier le nom de son compagnon, mais étouffée par son propre sang, la mort la prit en quelques secondes. Dans ses yeux écarquillés brillait néanmoins une lueur d'amour, pour celui à qui elle avait pensé dans son ultime moment d'agonie.

Le vétéran essuya son couteau dans la neige, avant de sortir sa radio. « Commandant, nous avons perdu deux hommes. Deux des cibles ont été abattues, et la maison est en train de se consumer. Je laisse deux hommes sur le terrain. J'emmène le reste des troupes au camp de base. Terminé. »

A quelques kilomètres de là, le jeune homme rentrait à bord de sa jeep. Il avait fait un long détour jusqu'en ville, et avait bataillé pendant un bon moment pour trouver un bouquet de roses, en cette heure tardive. « Je rentre tard finalement, j'espère qu'Aline ne sera pas trop fâchée. Le fleuriste m'a d'ailleurs dit qu'il cherchait quelqu'un pour faire de la livraison à domicile. C'est réglé maintenant, tout va rentrer dans l'ordre. » Tandis qu'il approchait de chez lui, il remarqua une couleur étrange dans le lointain. Saisis par un sombre pressentiment, il appuya un peu plus fermement sur la pédale de l'accélérateur.

La jeep arrivait maintenant à vive allure vers eux. Le premier soldat la mis en joue patiemment avec son automatique. Une détonation déchira l'air. Dans le même temps, l'un des pneus avant du véhicule explosa. Emporté par son élan, le tout-terrain dérapa, puis partit dans une suite interminable de tonneaux. Incrédule, le tireur n'eut pas le temps de sortir de sa trajectoire et fut broyé par le passage du véhicule fou qui s'arrêta contre la maison, quelques mètres plus loin. Le second soldat se rapprocha de son ancien camarade, sans se soucier du sort du conducteur. « En ce moment, il doit être en train de brûler dans sa baraque, avec la jeep » Il s'agenouilla dans la neige pour récupérer la plaque d'identification de son compagnon d'arme. Alors qu'il tentait de la dégager du cadavre, un bruit derrière lui le fit se retourner, fusil au poing. La troisième cible se trouvait face à lui, visiblement affaiblie. A première vue, elle avait une épaule démise et était couverte de plaies mineures. La surprise passée, il s'apprêtait à l'abattre, un rictus mauvais sur les lèvres, lorsqu'une déflagration se produit dans son dos. Le réservoir du 4X4 venait d'exploser sous la pression exercée par son contenu. Il trébucha à cause du souffle, mais réussi néanmoins à se remettre rapidement debout. Au moment où il releva les yeux sur son adversaire, il distingua l'objet brillant qui fondait vers lui. Mais il était trop tard. Le couteau de chasse, habilement lancé, le toucha en plein coeur. Dans une gerbe de sang, il s'écroula sur le sol, agité par quelques secousses, avant de s'immobiliser pour toujours.

Le jeune homme était atterré. Jamais pendant ses séances d'entraînement il n'avait imaginé que son habileté au maniement des armes l'amènerait à tuer un jour quelqu'un. Pourtant, il n'avait pas eu le choix. Un instinct de survie qu'il n'avait pas pu retenir l'avait fait lancer son couteau. Et le résultat était là : il venait d'ôter la vie à un être humain. Il se releva, soudain emplit d'obscures pensées. Il regarda autour de lui, et découvrit les corps de ses chiens, transpercés de nombreuses balles. Un cri jaillit alors de ses poumons : « Aline !!!!!! » Tenant de sa main valide son épaule démise, et surmontant sa douleur, il se mit à courir autour de la maison. Arrivé de l'autre côté, son sang se glaça sur place. A ses pieds gisaient les deux seules personnes qui avaient compté pour lui ces dernières années. Celle qu'il avait considérée comme sa fille était criblée de balle, et l'amour de sa vie baignait dans son sang, égorgée, une drôle de lueur dans ses pupilles mortes. Il tomba a genoux, les larmes aux yeux. Dans le profond silence de la nuit, seul ses pleurs faisaient écho à ses sanglots. Un long moment plus tard, après avoir repris le contrôle de ses émotions, il fixa la défunte et lui parla : « Je t'aimais. Je t'aimais, mais je n'ai pas été capable de te protéger. Je te promets que je ferais payer tous ces bâtards. Tous ces fumiers ! Ils paieront tous, je te le jure ! » Sur ces quelques mots, il abaissa les paupières de la morte, lui rendant un peu de sa dignité. Lorsqu'il redressa la tête, ce n'était plus le même homme. Ses yeux verts étaient emplis d'une haine pure, sauvage, bestiale. A le voir, on ne pouvait pas croire qu'il avait un jour été capable d'amour ou même de compassion. Son coeur était de pierre, et il venait de devenir une machine. Une machine à tuer qui n'aurait de répit, tant qu'elle n'aurait mis hors-jeu ceux qui venaient de briser son existence.

45 minutes plus tard, il était prêt. Après s'être occupé de son épaule démise et avoir déposé dans un lieu sûr la dépouille de sa compagne, il avait inspecté le seul corps ennemi qui restait. Il avait eu beau fouiller, rien ne permettait de savoir à quel groupe il appartenait. La plaque d'identification qu'il portait autour du coup était son seul effet personnel. « Un vrai pro. », tel fut le seul commentaire de celui qui, en quelques minutes, venait de perdre tout ce en quoi il croyait. Le paquetage du soldat qu'il avait abattu était des plus impressionnant : Grenades à fragmentation, grenade aveuglante, pistolet automatique, lunettes de vision nocturne, rations militaires et nécessaire de premier secours. Il avait enfilé la tenue de camouflage du soldat, ajouté son couteau de chasse au contenu du sac à dos, et il était parti. La neige commençait de tomber alors que les dernières braises de la maisonnée encore fumante rougeoyaient sous l'effet du vent. Il partit sans un regard en arrière, les yeux fixés sur les traces de pas dans la neige. « Ils sont trop sûrs d'eux. Ils n'ont même pas pris la peine d'effacer leurs empreintes. Ca les perdra... Mais je dois me dépêcher, avant qu'elles ne soient recouvertes. » Ainsi commença l'interminable nuit de traque, à travers la plaine canadienne.

« Soldats, repos ! Nous allons planter le bivouac ici. Nous attendrons le reste de l'unité jusqu'au petit jour. Soyez prêts à repartir dès l'aube. Rompez ! »

Cela faisait maintenant quatre heures qu'il filait le groupe d'individus. Il n'avait cessé une seule seconde sa traque, ne ressentant ni la faim, ni la fatigue, ni le vent glacial qui fouettait son visage. Il distingua enfin le campement, à l'abri de rochers, sur la gauche de sa position. Abaissant les lunettes de vision nocturnes sur ses yeux, il avança à découvert.

Le soldat avait pris son tour de garde depuis une bonne demi-heure. Il commençait à somnoler lorsqu'il aperçu la silhouette qui se rapprochait. « Ha vous voilà ! Vous auriez pu répondre à nos appels radio ! Hé, pourquoi tu dis rien ? T'es seul ? » Il observa, incrédule, l'autre sortir le pistolet de son étui et le mettre en joue. « Merde ! AL... » Le reste de ses paroles se perdit en gargouillis alors qu'il tombait au sol fasse contre terre, la poitrine transpercée.

Froid et implacable, l'homme continua sa route, ramassant le fusil-mitrailleur de l'ex-sentinelle.

Alerté par des bruits suspects, encore à moitié dans son rêve, le mercenaire passa la tête hors de son sac de couchage. « Bon sang, mais qu'est-ce qui se passe ici ? » La seule réponse qu'il aurait jamais fût une salve de mitraillette.

« Il en reste encore un... Mais où peut-il bien être ? » Alors qu'il avait encore la question sur les lèvres, une détonation se fit entendre, alors qu'une douleur intense déchirait son bras droit, projetant au loin son arme. Il tomba dans un rugissement de douleur, le bras gauche replié sous lui.

Le vétéran se rapprocha à quelques mètres de sa proie, sur une petite butte, son fusil à lunette encore chaud à la main. « Je dois dire que tu m'as surpris. Tu as réussi à tuer quatre de mes hommes, pourtant parmi les plus doués de ce continent. Tu n'es pas n'importe qui, dommage que je doive te tuer. Mais que veux-tu : Les ordres sont les ordres. » (Pendant qu'il parlais, un léger cliquetis se fit entendre.)
« Bien, as-tu quelque chose à dire avant que je ne t'achève ? »
L'homme à terre tourna enfin la tête vers l'homme qui le toisait de haut, un sourire mauvais sur les lèvres. « Ouais, crève enfoiré ! » Dans le même temps, il pivota et lança de sa main valide, la grenade qu'il avait dégoupillé 3 secondes plus tôt. Elle était à peine arrivée à la hauteur de la tête de son adversaire qu'elle explosa, dispersant ses fins éclats de métal, et lacérant littéralement l'homme vers qui elle avait été jetée. Alors seulement, maintenant que sa vengeance était accomplie, il laissa couler ses larmes. Ce n'était pas à cause de la douleur de son bras, ni des éclats de grenade qui l'avaient immanquablement touché. Non, il pleurait à cause des horreurs qu'il venait de commettre, et du bonheur qu'il avait à jamais perdu. Pourtant, dans ses yeux, on pouvait toujours lire la même haine que quelques heures plus tôt.

Plusieurs jours s'étaient écoulés lorsque Big Boss découvrit un télégramme qui lui avait été adressé au QG de Fox Hound. « J'accepte de rentrer dans l'unité. Je serais là d'ici un mois. Dave. » Il fut tout d'abord surpris, puis un sourire diabolique apparu sur ses lèvres. « Il a été capable de battre toute une équipe de mes mercenaires... Il a perdu ses attaches, il n'en sera que meilleur maintenant. Je pense qu'il sera une bonne recrue. Il vient de passer avec brio son examen d'entrée... »

Idaho

Voir les autres Fanfics >>

Recherche

Espace membre

=>Inscription<=

Interactif

Site : 23 visiteurs
Forum : 3 visiteurs

- 103541 membres -

Dernier inscrit :
1ada21j 1176.75